- Sénatrice du Var depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en deuxième position sur la liste d'union RN-UDR de Frank Giletti.
- Née le 23 novembre 1969, elle a 56 ans. Ancienne cheffe d'entreprise, selon le Sénat.
- Adjointe au maire de Fréjus chargée des ressources humaines de 2020 à son entrée au Sénat, dans l'équipe de David Rachline (RN). Elle reste conseillère municipale et communautaire.
- Membre du Rassemblement national, elle siège au groupe Union nationale pour les territoires (UNT), qui réunit les 15 sénateurs RN et alliés.
- Membre de la commission des affaires sociales et de la délégation aux collectivités territoriales.
- Aucun mandat parlementaire avant 2026 : elle fait partie des six sénateurs du groupe qui n'avaient jamais siégé dans un parlement.
Le 28 octobre, au Sénat, l'ordonnance de sûreté de l'enfant a été rétablie par 171 voix contre 170. Ce dispositif du projet de loi protection des enfants, que la commission des lois avait supprimé, permet au procureur de mettre un enfant à l'abri en urgence, sans attendre la fin d'une enquête. Les 15 sénateurs du groupe RN ont voté pour, dont Carine Leroy, inscrite ce soir-là à la séance selon l'agenda officiel du Sénat. Avec une voix de moins, l'égalité faisait tomber l'amendement. Portrait en données d'une sénatrice de quatre semaines, élue sur le dernier siège du Var.
Une voix d'écart sur la protection de l'enfance
Le projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale en juillet par 378 voix, la gauche s'abstenant, prévoyait une ordonnance de protection propre à l'enfant, sur le modèle de celle qui existe pour les victimes de violences conjugales. Le procureur pourrait ordonner un placement, changer la résidence de l'enfant ou suspendre les droits de visite d'un parent. En commission, les sénateurs l'ont supprimée, jugeant les pouvoirs du parquet trop étendus, et lui ont préféré une extension de l'ordonnance délivrée par le juge aux affaires familiales.
Sur ce texte, Carine Leroy a cosigné les 16 amendements déposés par son collègue des Bouches-du-Rhône Fabien Bravi au nom du groupe. L'un supprime le placement « long », jusqu'à la majorité, des enfants de plus de 13 ans. Un autre prévoit d'alerter le juge des enfants quand une mesure éducative qu'il a ordonnée n'a pas commencé trois mois plus tard. Un troisième voulait porter à sept ans de prison les dénonciations calomnieuses faites lors d'une demande d'ordonnance de protection : la commission et le gouvernement s'y sont opposés, et il a été rejeté. Un quatrième a été déclaré irrecevable. Les quatorze autres, dont les deux premiers cités, n'avaient pas encore été examinés au 29 octobre : l'examen du texte se poursuit.
« Aujourd'hui, le juge qui ordonne une mesure d'assistance éducative n'est pas informé de sa non-exécution et ne la découvre, le cas échéant, qu'au réexamen de la situation — parfois des mois plus tard, alors que la situation s'est dégradée. »
Exposé de l'amendement n° 224 au projet de loi protection des enfants, déposé le 26 octobre 2026 par Fabien Bravi et cosigné par Carine Leroy et les autres sénateurs du groupe UNT.
En séance, cinq amendements identiques venus de cinq groupes ont proposé de rétablir l'ordonnance de sûreté : ceux de Laurence Muller-Bronn (Les Républicains), d'Annick Billon (centriste), de Xavier Iacovelli (RDPI), d'Anne Souyris (écologiste) et du groupe socialiste. Le gouvernement y était favorable, la commission défavorable.
« Il faut distinguer le temps de la protection de celui de l'enquête et du jugement »
Laurence Muller-Bronn, sénatrice Les Républicains du Bas-Rhin, autrice de l'un des cinq amendements identiques, en séance le 28 octobre 2026, citée par Public Sénat.
La majorité sénatoriale s'est divisée : 113 sénateurs Les Républicains et 43 centristes ont voté contre. La gauche, les macronistes, Les Indépendants et le groupe RN ont voté pour. À l'Assemblée, en juillet, le groupe RN avait déjà fait basculer un article de ce texte : son abstention avait fait supprimer l'article 2 à une voix près, par 60 voix contre 59. Le même soir, Carine Leroy a aussi voté le rétablissement de l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs, adopté par 252 voix contre 80.
Vert : pour ; rouge : contre. Une abstention (RDSE) et cinq sénateurs n'ayant pas pris part au vote, dont le président du Sénat et le président de séance. Source : Sénat, scrutin n° 42.
De la mairie de Fréjus au dernier siège du Var
Carine Leroy entre en politique locale avec David Rachline, maire RN de Fréjus depuis 2014. Élue sur sa liste aux municipales de 2020, elle devient adjointe chargée des ressources humaines d'une commune qui emploie plus de 900 agents titulaires. En février 2025, c'est elle qui présente au conseil municipal le rapport sur l'égalité entre les femmes et les hommes : 910 titulaires, dont 504 femmes et 406 hommes. Réélue en mars 2026 sur la liste de David Rachline, victorieuse dès le premier tour, elle retrouve son poste d'adjointe.
Aux sénatoriales, elle figure en deuxième position derrière Frank Giletti, député du Var depuis 2022, sur la liste « Au service des communes pour défendre le Var ». La liste réunit 691 voix sur 2 288, soit 30,2 %, derrière celle de la sénatrice sortante Françoise Dumont (907 voix). Les deux listes se partagent les quatre sièges : Françoise Dumont et Christian Simon pour Les Républicains, Frank Giletti et Carine Leroy pour le RN. Le dernier siège s'est joué à la plus forte moyenne : 345,5 voix pour la liste Giletti, contre 302,3 pour un troisième siège Les Républicains. Nous avons consacré un portrait à Frank Giletti.
2 288 suffrages exprimés, quotient de 572 voix : un siège au quotient pour la liste Dumont, un pour la liste Giletti. Les deux derniers vont à la plus forte moyenne : le troisième à la liste Dumont (453,5), le quatrième, celui de Carine Leroy, à la liste Giletti (345,5), devant un troisième siège Les Républicains (302,3). Source : résultats publiés par le Sénat ; calcul NosParlementaires.
Le mandat de sénateur est incompatible avec une fonction d'adjoint au maire. Contrairement à plusieurs nouveaux sénateurs, toujours présentés comme adjoints un mois après l'élection, Carine Leroy a quitté la sienne : la fiche officielle du Sénat la mentionne comme une « fonction antérieure ». Elle reste conseillère municipale de Fréjus et conseillère d'Estérel Côte d'Azur Agglomération.
« Leur élection marque une nouvelle étape dans l'implantation du Rassemblement National dans les institutions »
Stéphane Rambaud, député RN du Var, à propos de l'élection de Frank Giletti et de Carine Leroy, cité par Les Petites Affiches du Var (9 octobre 2026).
Discipline et présence : 55 heures en quatre semaines
Notre base compte 43 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 28 octobre. Carine Leroy a pris part aux 43 : 20 fois pour, 10 fois contre, 13 abstentions, toujours comme la majorité de son groupe. Après le sien, le groupe dont elle est le plus proche est celui des Indépendants (53 % de votes identiques), devant les macronistes du RDPI (49 %), Les Républicains et les centristes (47 %). Les plus éloignés sont les socialistes et les communistes (28 %).
Son taux de participation est de 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,2 %). Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : un taux de participation ne mesure donc pas une présence. L'agenda officiel du Sénat est plus parlant. Il lui attribue neuf jours et 55 heures d'activité depuis son élection : l'ouverture de la session, les questions au gouvernement des 14, 21 et 28 octobre, les débats sur la loi « casseurs-payeurs » et sur la protection des enfants, et des réunions de la commission des affaires sociales, dont une réunion commune avec la commission des lois sur ce projet de loi. Seuls deux des 64 sénateurs entrés en octobre comptent plus d'heures ; la médiane est de 8,5 jours et 31,5 heures. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux.
Elle n'a en revanche déposé aucun amendement en son nom ni posé de question écrite au gouvernement. Ses 66 amendements sont des amendements collectifs du groupe, signés par 11 à 15 sénateurs : un seul a été adopté, 40 ont été rejetés. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Carine Leroy à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans le Var, le suivi du projet de loi protection des enfants, le portrait de Fabien Bravi, les quinze sénateurs du groupe RN, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.