- Député Les Démocrates (MoDem) de la 8e circonscription du Finistère (Concarneau, Quimperlé, Bannalec) depuis 2017, réélu le 7 juillet 2024 avec 64,61 % face au candidat du RN. Né le 21 février 1971 à Lorient, 55 ans.
- Photographe et réalisateur de profession, diplômé d'histoire contemporaine à l'université Rennes-II.
- Auteur de la loi du 2 mars 2022 qui a fait du harcèlement scolaire un délit.
- Rapporteur de la commission d'enquête sur les violences dans le cinéma, l'audiovisuel, le spectacle vivant, la mode et la publicité, présidée par Sandrine Rousseau, dont le rapport a été publié le 9 avril 2025.
- Membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation ; auteur de la proposition de loi sur les droits voisins de la presse, en navette entre les deux chambres.
- Depuis le 7 septembre 2026, rapporteur thématique de la commission spéciale sur la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, chargé des articles sur les enfants (30 à 38).
Le 1er octobre, la « loi intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes arrive dans l'hémicycle. Parmi ses 69 articles, l'un est devenu un point de friction : l'article 30, qui instaurait pour chaque élève, de la première année de maternelle à la majorité, un entretien individuel annuel obligatoire pour évaluer sa santé et dépister d'éventuelles violences. La semaine du 21 septembre, en commission spéciale, c'est un amendement d'Erwan Balanant, le rapporteur chargé de ce volet, qui a fait sauter l'obligation : l'entretien n'était plus que « proposé » à chaque élève, à partir du CP. Pour la séance, le même député a déposé un nouvel amendement qui la rétablit, avec un calendrier étalé jusqu'en 2032. Ce va-et-vient résume assez bien un élu MoDem qui a fait de l'enfance et des violences sexuelles son terrain depuis 2017, et dont les chiffres sont très contrastés selon les textes.
L'entretien obligatoire : supprimé en commission, rétabli pour la séance
Dans la version déposée par la socialiste Céline Thiébault-Martinez, rapporteure générale du texte, l'article 30 était sans ambiguïté : un entretien chaque année, pour chaque enfant de 3 à 18 ans. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, plaidait pour une autre formule, un questionnaire anonyme distribué une fois par an : « Il n'existe pas aujourd'hui de vivier ni de 15 000, ni de 7 500 personnes », a-t-il fait valoir devant la commission. Erwan Balanant a pris acte de la « difficulté » de recruter ces professionnels « ultra formés au recueil de la parole » : « cela ne peut pas se faire du jour au lendemain », a-t-il déclaré selon LCP.
Son amendement de commission (n° 1042), adopté, a donc réécrit l'article : chaque élève se voit « proposer », en début d'année, « la possibilité de passer cet entretien », un adulte de confiance est désigné dans chaque établissement, et un infirmier ou une infirmière scolaire est désigné comme référent pour chaque école. La France insoumise a dénoncé une « trahison » des associations ; dans l'exposé d'un amendement déposé pour la séance, ses députés reprochent nommément au rapporteur d'avoir « balayé le caractère obligatoire » de l'entretien.
Le 28 septembre, Erwan Balanant dépose pour la séance l'amendement n° 1146, cosigné par la rapporteure générale. Il rétablit un « entretien individuel annuel obligatoire », mené par des infirmiers, médecins, psychologues et assistants sociaux de l'Éducation nationale formés au repérage des violences, mais avec une période de transition : jusqu'au 1er janvier 2032, quatre entretiens au cours de la scolarité (entre 3 et 6 ans, entre 7 et 11 ans, entre 12 et 15 ans, entre 16 et 18 ans), puis un par an. « J'ai écouté les associations », explique-t-il à LCP. Selon Céline Thiébault-Martinez, citée par la même chaîne, la formule « laisse au gouvernement plusieurs années pour déployer » le dispositif. L'amendement doit être discuté dans les prochains jours ; le vote solennel sur l'ensemble du texte est prévu le 13 octobre.
Le sujet n'est pas neuf pour lui. En 2022, sous la législature précédente, sa proposition de loi a créé le délit de harcèlement scolaire (loi n° 2022-299 du 2 mars 2022), puni jusqu'à dix ans de prison quand il conduit la victime au suicide ou à une tentative de suicide. Depuis 2024, il a rapporté la commission d'enquête née du témoignage de Judith Godrèche sur les violences dans le cinéma et la culture : son rapport, publié le 9 avril 2025 après l'audition de quelque 350 personnes, formule plus de 80 recommandations, dont l'encadrement des castings et la présence de coordinateurs d'intimité pour les scènes impliquant des mineurs. Le 26 mai 2026, il en a tiré avec Sandrine Rousseau une proposition de loi contre les violences morales, sexistes et sexuelles dans la culture, qui n'a pas encore été examinée.
« L'enfance est le temps de la construction, de la découverte de soi, des autres et du monde. C'est l'âge de l'apprentissage, de l'émerveillement et d'une imagination sans limite. Nous demandons toujours plus à nos enfants : d'être responsables, de se canaliser, de se conformer, parfois même de devenir adultes avant l'heure. »
Séance publique du 26 janvier 2026, discussion générale de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux.
Rapporteur, tout passe ; amendeur du budget, beaucoup moins
Le détail des 301 amendements qu'il a déposés en premier auteur depuis le début de la législature, en juillet 2024, montre deux façons de travailler.
Sur sa proposition de loi sur les droits voisins de la presse, dont il est aussi le rapporteur, ses 14 amendements ont tous été adoptés. Le texte, déposé en janvier 2025, oblige les plateformes numériques à transmettre aux éditeurs les données nécessaires pour calculer ce qu'elles leur doivent et confie à l'Arcom un pouvoir de sanction. L'Assemblée l'a adopté le 26 mars 2026 sans une seule voix contre (109 pour, 0 contre), le Sénat l'a voté avec des modifications le 16 juin, et il attend depuis sa deuxième lecture à l'Assemblée.
Sur les deux budgets de l'État, le bilan est très différent. Il y a déposé 204 amendements, surtout pour la culture : écoles d'art territoriales, pass Culture, spectacle vivant, crédits de lutte contre les violences faites aux femmes. 24 ont été adoptés, et 52 n'ont pas été défendus : ni lui ni aucun cosignataire n'était là pour les présenter quand ils ont été appelés (27 sur le budget 2026, 25 sur le budget 2025). Sur l'ensemble de ses 301 amendements, 57 sont dans ce cas, soit presque autant que les 59 qui ont été adoptés.
« Nous ne pouvons plus attendre face au pillage de la valeur opéré par les Gafam – il faut agir, vite. Presque tous les éditeurs de presse sont en difficulté. Une presse qui n'est pas financée ne peut pas être une presse libre. »
Séance publique du 10 février 2026, séance de contrôle de l'application des lois, à propos de sa proposition de loi sur les droits voisins.
Ses questions au gouvernement sont peu nombreuses : 7 depuis juillet 2024, quand la médiane des députés en fonction est de 27. Cinq sont des questions au gouvernement en séance, sur le procès Le Scouarnec, le danger des plateformes pour la jeunesse, l'intelligence artificielle, la politique environnementale et les inondations. Il a posé une seule question écrite, sur la défiscalisation des dons aux associations qui luttent contre les violences conjugales, et une question orale sur la protection du modèle informationnel français. Son ancrage local passe surtout par les débats budgétaires, comme en novembre 2025, quand il a défendu les communes industrielles de sa circonscription.
« Quimperlé, dans ma circonscription, se situe au cœur d'un territoire tourné vers le secteur agroalimentaire. Si cette mesure est adoptée, le maire verra sa DGF et ses autres dotations chuter à un niveau catastrophique. »
Séance publique du 21 novembre 2025, examen de l'article 31 du projet de loi de finances pour 2026.
Discipline et présence
Sur les 1 483 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe Les Démocrates, Erwan Balanant a voté comme son groupe 1 365 fois, soit 92 %. Il s'en est écarté 118 fois.
Sa participation aux votes est faible, même à l'échelle de l'Assemblée : il a pris part à 1 483 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 17,6 %, quand la médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 %. Il se classe 410e sur 607. La plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés, ce qui explique des taux bas pour tout le monde ; le classement complet est dans nos classements. Sur les textes qu'il suit, il vote : pour la définition pénale du viol fondée sur le consentement (1er avril et 23 octobre 2025), pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (26 janvier et 21 juillet 2026), et pour le droit à l'aide à mourir aux trois lectures de 2026. Côté discipline : aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans nos données.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité d'Erwan Balanant sur sa fiche NosParlementaires, son travail sur la loi intégrale texte par texte, les portraits des autres rapporteures, Céline Thiébault-Martinez et Marie-Charlotte Garin, et comparez les députés entre eux dans nos classements.