- Député de la 3e circonscription de l'Aude (Limoux, haute vallée, Corbières) depuis juin 2022, réélu en juillet 2024. Né le 31 juillet 1993 à Carcassonne — 33 ans.
- Sapeur-pompier volontaire depuis 2010, un engagement antérieur à la politique qu'il revendique comme la matrice de son mandat.
- Agent de sécurité privée avant son élection, notamment dans la grande distribution. Adhère au Front national en 2011, encore lycéen.
- Conseiller municipal d'opposition à Limoux depuis 2020.
- Membre de la commission des lois (après la commission de la défense sous la 16e législature) et vice-président du groupe d'études sapeurs-pompiers, sécurité civile et gestion des crises.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
L'Aude a encore brûlé cet été. Un feu fixé de justesse à Montséret le 6 août, en bordure des Corbières martyrisées par le mégafeu d'août 2025, puis des habitations touchées à Villemoustaussou le 13 août. Entre les deux, le 11 août, le député de la circonscription voisine déposait trois questions écrites au gouvernement — après une autre, le 4 août, sur la protection respiratoire des pompiers engagés sur les feux de forêt. Julien Rancoule, 33 ans, est un cas à part au Palais-Bourbon : sapeur-pompier volontaire depuis 2010, il a fait de la sécurité civile son territoire parlementaire exclusif. Voici ce que disent les données de son mandat sous la 17e législature, depuis juillet 2024 — les textes gagnés, et ceux qui attendent toujours.
Le trimestre de retraite fantôme, sa bataille de chaque année
Son fait d'armes est une loi votée — et jamais appliquée. En 2023, le Parlement adopte à l'unanimité une bonification de trimestres de retraite pour les sapeurs-pompiers volontaires justifiant de dix ans d'engagement. Trente-deux mois plus tard, le décret d'application n'était toujours pas paru : le Conseil d'État a retoqué le projet du gouvernement, qui prévoyait d'accorder le premier trimestre au bout de quinze ans de service au lieu des dix votés par les parlementaires. Rancoule dit avoir posé la question « comme chaque année depuis trois ans » — la dernière fois le 6 janvier 2026, jusqu'à se faire couper le micro par la présidente, temps de parole épuisé, sous les applaudissements de son groupe. Nous avons raconté ce blocage en détail dans notre article sur le trimestre des pompiers volontaires.
« C'est avec une profonde amertume que je dois, une nouvelle fois, poser cette question, comme chaque année depuis trois ans. Il y a maintenant trente-deux mois, le Parlement a voté à l'unanimité la bonification des trimestres de retraite pour les sapeurs-pompiers volontaires. »
Julien Rancoule, question au gouvernement du 6 janvier 2026. Il ajoutera que le Conseil d'État a « retoqué » le projet de décret, qui ne respectait pas le seuil de dix ans voté par l'Assemblée.
La sécurité des biens et des personnes arrive largement en tête de ses 76 questions écrites, devant une longue traîne de sujets locaux — communes, lignes ferroviaires, retraites. Côté amendements, le tropisme est encore plus net : 88 des amendements qu'il a signés mentionnent explicitement les sapeurs-pompiers, dont 81 déposés en son nom propre. Il a été la cheville ouvrière RN des trois textes sécurité civile examinés en 2025 : la proposition de loi sur le cadre d'emploi des personnels de santé des SDIS (adoptée le 6 mars 2025, 9 de ses amendements et sous-amendements retenus), celle valorisant la réserve communale de sécurité civile (adoptée le 3 avril 2025, 8 amendements retenus), et la croix de la valeur des sapeurs-pompiers, votée le 15 mai 2025 par 120 voix contre zéro. Sur le projet de loi de finances pour 2026, 9 de ses amendements ont également été adoptés.
Les Corbières brûlées, l'ancrage à vif
Le 5 août 2025, un feu d'une intensité hors norme parcourt 17 000 hectares dans les Corbières en trois semaines. Une personne meurt, des familles perdent habitations et vignes. Dans son département où les volontaires forment l'essentiel des effectifs de pompiers, Rancoule transforme le drame en dossier parlementaire : question orale sur la prévention des incendies et la réhabilitation des Corbières en juin 2026, séance du 30 juin où il exhibe une carte de la zone brûlée annoncée sept ans plus tôt, question écrite sur les masques respiratoires des pompiers le 4 août 2026 — au moment même où le département s'embrasait de nouveau à Montséret puis Villemoustaussou. Le reste de son ancrage passe par les mêmes canaux : trois questions écrites le 11 août 2026, dont une sur le financement de la réouverture de la ligne ferroviaire Limoux-Quillan, un dossier qu'il porte depuis 2025 face à une région Occitanie qui a suspendu le projet.
« Comme vous pouvez le constater, sept ans plus tard, notre territoire a brûlé exactement là où cela avait été annoncé. Ce feu n'est pas une fatalité climatique mais un échec politique. »
Julien Rancoule, séance du 30 juin 2026, sur le mégafeu des Corbières du 5 août 2025 : 17 000 hectares parcourus, une personne décédée.
Présent aux scrutins, aligné sur son groupe
Julien Rancoule a pris part à 3 542 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit un taux de participation de 42 % — près du double de la médiane des députés (23,5 %) — qui le classe 65e sur 606. Sur ces votes exprimés (1 798 pour, 1 427 contre, 317 abstentions), il s'est aligné 98,4 % du temps sur la position majoritaire du groupe RN : 57 votes divergents en deux ans. Une discipline qui a son revers : le RN est régulièrement attaqué sur ses votes budgétaires concernant le financement des SDIS — des accusations que nous avons vérifiées scrutin par scrutin dans un article dédié. Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant ne figure dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Le 7 juillet 2026, alors que le Languedoc-Roussillon comptait déjà ses milliers d'hectares partis en fumée, c'est lui que le groupe RN envoie interpeller le ministre de l'intérieur sur les moyens de la sécurité civile. La réponse ministérielle, sans calendrier précis, provoque sa réplique la plus sèche de la session.
« Vous ne nous donnez pas de date précise ! De toute évidence, la sécurité civile n'est toujours pas votre priorité. »
Julien Rancoule, question au gouvernement du 7 juillet 2026, au ministre de l'intérieur, sur les moyens de la sécurité civile après les incendies de l'été.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Julien Rancoule sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.