Qui est Perrine Goulet ? Le portrait en 6 points
  • Députée MoDem (Les Démocrates) de la 1re circonscription de la Nièvre depuis juin 2017 — élue sous l'étiquette LREM, elle a rejoint le groupe MoDem en septembre 2020. Réélue en 2022 et 2024. Née le 19 mars 1978 à Nevers, 48 ans.
  • Ancienne enfant placée : à 9 ans, après le décès de sa mère, elle est confiée avec son frère cadet à l'aide sociale à l'enfance — alors la DDASS — et grandit en foyer jusqu'à sa majorité.
  • Avant la politique : embauchée chez EDF-GDF en 1999 comme conseillère clientèle à Nevers, puis responsable des systèmes d'information à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire à partir de 2008.
  • Présidente de la délégation aux droits des enfants de l'Assemblée depuis octobre 2024 ; membre de la commission des finances.
  • Son fait d'armes : sa proposition de loi « L'intérêt des enfants », adoptée par l'Assemblée le 29 janvier 2026, et la présidence de la commission spéciale du projet de loi protection des enfants, adopté le 21 juillet 2026.
  • 2 propositions de loi en premier signataire, 1 344 amendements signés, 34 questions au gouvernement depuis 2024.

Le 21 juillet 2026, quelques minutes avant le vote solennel du projet de loi relatif à la protection des enfants, le gouvernement demande une seconde délibération pour rétablir l'article 11 — la perpétuité pour les viols en série sur mineurs de 15 ans, rejetée quatre jours plus tôt. Une députée monte alors au créneau, non pas pour s'y opposer, mais pour corriger la copie de l'exécutif : son sous-amendement, qui purge l'amendement gouvernemental d'une redondance juridique, est adopté d'extrême justesse par 178 voix contre 163. Cette députée, c'est Perrine Goulet, présidente de la commission spéciale du texte — et probablement la seule parlementaire à connaître l'aide sociale à l'enfance de l'intérieur, pour y avoir grandi. Portrait en données.

2
Propositions de loi (1er signataire), dont une adoptée à l'Assemblée
1 344
Amendements signés (264 adoptés)
34
Questions au gouvernement (28 écrites, 5 QAG, 1 orale)

Quatre jours, deux votes et un sous-amendement

L'épisode de juillet résume sa méthode. Le 17, l'Assemblée rejette à quatre voix près (41 contre 37) l'article 11 du projet de loi protection des enfants, qui instaurait la réclusion à perpétuité pour les viols en série sur mineurs de 15 ans. Le gouvernement obtient une seconde délibération le 21 : son amendement de rétablissement reprend la perpétuité — mais y accole une mention sur la période de sûreté qui figure déjà à l'article 11 ter, voté entre-temps. Perrine Goulet dégaine un sous-amendement pour supprimer le doublon. Le RN (89 voix) et la Droite républicaine (34 voix) votent contre ce qu'elle présente comme un simple « texte propre » ; la gauche et le bloc central le font passer, à 15 voix près. Dans la foulée, l'article 11 est rétabli par 258 voix contre 84, et la loi adoptée par 378 voix contre 7, avant transmission au Sénat.

« Mon sous-amendement tend à supprimer l'alinéa 5, qui dispose que la période de sûreté peut être portée à trente ans, parce que la même mesure est prévue à l'article 11 ter. En tant que législateur, j'aime bien produire des textes qui se tiennent. Présenter la même disposition à quelques paragraphes d'écart ne serait à cet égard pas correct. »

Séance du 21 juillet 2026, seconde délibération sur l'article 11 du projet de loi protection des enfants.

Perrine Goulet
Perrine Goulet
DEM
Nièvre (1re)
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Sur ce seul texte, dont elle présidait la commission spéciale, elle a déposé 78 amendements en son nom propre — 26 ont été adoptés, entre la commission et la séance. C'est l'aboutissement d'un travail entamé bien avant : sa propre proposition de loi « L'intérêt des enfants » — contrôles renforcés des lieux de placement, fin des placements à l'hôtel, fermeture de l'aide sociale à l'enfance aux opérateurs privés lucratifs — a été adoptée par l'Assemblée le 29 janvier 2026, à l'unanimité des 35 votants.

Un thème de questions écrase tous les autres

Ses 34 questions au gouvernement dessinent la même obsession. Le thème « enfants » arrive très largement en tête, loin devant les préoccupations agricoles et sanitaires de sa circonscription rurale : pouponnières, partage d'informations dans les unités d'accueil pédiatrique des enfants en danger, salaires des assistantes maternelles, retraite des assistants familiaux, obligation alimentaire des parents défaillants.

Les thèmes de ses 34 questions au gouvernement (17ᵉ législature)
Enfants
9 questions
Élevage
3 questions
Famille
2 questions
Professions de santé
2 questions
Établissements de santé
2 questions

Seize autres thèmes n'apparaissent qu'une fois chacun : retraites, handicap, Mutualité sociale agricole, patrimoine, IVG, enseignement… Source : questions écrites, orales et au gouvernement, base NosParlementaires.

La Nièvre, l'élevage et un petit garçon devenu pupille

L'ancrage local existe pourtant. L'élue de Nevers — restée salariée d'EDF en disponibilité — interroge le gouvernement sur la future convention d'objectifs de la MSA, sur la redevance pour pollutions diffuses qui frappe les exploitants, sur l'adaptation des hôpitaux aux fortes chaleurs (sa dernière question écrite, le 14 juillet 2026). Côté hémicycle, ses 1 344 amendements se concentrent d'abord sur les textes budgétaires — 75 sur le projet de loi de finances pour 2026, 40 sur le PLF 2025, commission des finances oblige. Mais quand elle raconte son territoire, c'est encore l'enfance qui affleure :

« Je vous entends, monsieur le député, mais je vais vous parler d'un petit garçon de ma circonscription qui a été enlevé à sa maman lorsqu'il était un tout petit bébé. On a essayé plus de vingt fois de renouer avec la maman. Résultat, l'enfant est devenu pupille à 8 ans. On a perdu huit ans de vie pour cet enfant… »

Séance du 16 juillet 2026, débat sur le projet de loi protection des enfants.

Perrine Goulet
Perrine Goulet
DEM
Nièvre (1re)
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Très loyale au groupe, présence en retrait

Sur les 1 412 scrutins où elle a exprimé un vote depuis juillet 2024, Perrine Goulet a suivi la position majoritaire de son groupe 94,8 % du temps (1 338 votes sur 1 412). Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.

Loyauté de vote envers le groupe Les Démocrates — 1412 votes exprimés
1412 votes exprimés
1 338 votes alignés94,8 % avec la majorité du groupe
74 votes divergents5,2 % en désaccord avec le groupe

La présence au bouton de vote est le point faible du bilan chiffré. Depuis le début de la 17ᵉ législature, l'Assemblée a organisé 8 434 scrutins publics : elle a pris part à 1 412 d'entre eux, soit 16,7 % — nettement sous la médiane de ses collègues (23,6 %). 423 députés sur 604 ont voté plus souvent qu'elle. Le chiffre remonte à 27 % sur les trente derniers jours, portés par la session extraordinaire de juillet où elle était en première ligne. Ses autres compteurs — 282 interventions en séance, deux présidences (délégation, commission spéciale) — racontent une activité qui se joue moins dans l'hémicycle que dans les salles de commission. Quand elle vote, en revanche, elle assume la contrainte budgétaire, y compris face à des demandes venues du secteur de la protection de l'enfance :

« Certes, vous avez revu le décret encadrant les pouponnières – et c'est une bonne chose –, mais pour le reste ? Le vide demeure. Si nous fixons des taux d'encadrement stricts, l'État devra compenser les dépenses nouvelles que cela suscitera pour les départements. Fixer de tels taux dès à présent n'est donc pas réalisable : nous n'avons pas les 6 ou 7 milliards d'euros nécessaires pour cela. »

Séance du 17 juillet 2026, débat sur les taux d'encadrement dans les structures de l'aide sociale à l'enfance.

Perrine Goulet
Perrine Goulet
DEM
Nièvre (1re)
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Ses chantiers législatifs

🧒
Contrôles des lieux de placement, fin des placements à l'hôtel, exclusion du privé lucratif de l'ASE. Adoptée par l'Assemblée le 29 janvier 2026 (35 voix pour, 0 contre), en attente au Sénat.
⚖️
Présidente de la commission spéciale. Adopté en première lecture le 21 juillet 2026 (378 voix contre 7), transmis au Sénat.
🏛️
Délégation aux droits des enfants
Présidente depuis octobre 2024 de cette instance créée en 2022, vigie transpartisane des politiques de l'enfance. Rapporteure dès 2019 d'une mission sur l'aide sociale à l'enfance.
🔧
Favoriser les pièces d'occasion pour éviter le gaspillage en réparation automobile. Déposée en 2025, jamais inscrite à l'ordre du jour.
À noter : sa loi phare attend toujours. Adoptée à l'unanimité par l'Assemblée le 29 janvier 2026, la proposition de loi « L'intérêt des enfants » est depuis en commission des affaires sociales du Sénat, sans date d'examen programmée. Entre-temps, plusieurs de ses mesures emblématiques — l'interdiction des placements à l'hôtel, l'encadrement des opérateurs privés lucratifs — ont été reprises dans le projet de loi gouvernemental qu'elle a contribué à faire adopter. Sa réforme avance, mais pas forcément sous son nom.

Parcours express

19 mars 1978
Naissance à Nevers (Nièvre).
1987
À 9 ans, après le décès de sa mère, elle est placée avec son frère cadet à l'aide sociale à l'enfance — alors la DDASS. Elle grandira en foyer jusqu'à ses 18 ans.
1999
Embauchée chez EDF-GDF comme conseillère clientèle à Nevers. En 2008, elle devient responsable des systèmes d'information de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.
18 juin 2017
Élue députée LREM de la 1re circonscription de la Nièvre avec 66,1 % des voix au second tour.
2019
Rapporteure d'une mission parlementaire sur l'aide sociale à l'enfance, elle témoigne publiquement de son passé d'enfant placée : « Enfant de la DDASS, je suis devenue députée. »
Septembre 2020
Quitte le groupe LREM pour le MoDem. Réélue en 2022 (54,4 %) puis en 2024.
Octobre 2024
Élue présidente de la délégation aux droits des enfants de l'Assemblée nationale.
29 janvier 2026
Sa proposition de loi « L'intérêt des enfants » est adoptée en première lecture par l'Assemblée, à l'unanimité des votants.
Juin 2026
Élue présidente de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la protection des enfants.
21 juillet 2026
Son sous-amendement est adopté par 178 voix contre 163 en seconde délibération ; le projet de loi protection des enfants est adopté par 378 voix contre 7 et transmis au Sénat.

Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Perrine Goulet sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.