- La Constitution ne prévoit qu'une session ordinaire d'octobre à juin : l'hémicycle est suspendu depuis le 21 juillet 2026, au terme d'une session extraordinaire de trois semaines, et ne rouvrira que le 1er octobre — le pourquoi de ce calendrier est détaillé dans notre article dédié.
- Le mandat, lui, ne connaît pas de suspension : permanence, courriers, dossiers des habitants et questions écrites au gouvernement continuent toute l'année, indemnité comprise (environ 7 600 € brut mensuels).
- Pendant la même pause en 2025 (22 juillet – 30 septembre), 351 députés ont déposé 1 294 questions écrites — dont 277 en plein mois d'août.
- En septembre, les commissions reprennent avant l'hémicycle : 3 amendements déposés en août 2025, 520 en septembre… et 15 416 en octobre, avec l'arrivée du budget.
- La pause peut être interrompue à tout moment : le 8 septembre 2025, convoquée en session extraordinaire, l'Assemblée a renversé le gouvernement de François Bayrou.
- Aucun pointage n'existe hors séance : l'activité estivale en circonscription n'est ni mesurée, ni publiée. Les chiffres ci-dessous ne montrent que la partie visible.
Depuis le 21 juillet, l'hémicycle du Palais-Bourbon est vide, et il le restera jusqu'au 1er octobre. Dix semaines sans séance publique ni scrutin : de quoi nourrir chaque été la même question — les députés sont-ils en vacances ? Les données de la précédente pause estivale répondent en partie : à l'été 2025, aucun vote n'a eu lieu en août, mais 351 députés — six sur dix — ont continué d'interpeller le gouvernement par écrit, et un Premier ministre est tombé avant même la rentrée d'octobre.
Le mandat ne prend pas de congés (l'indemnité non plus)
Quand la séance s'arrête, le député redevient d'abord un élu de terrain. C'est l'été que se concentrent les semaines de circonscription : permanence ouverte aux habitants, rendez-vous avec les maires, visites d'exploitations, d'hôpitaux ou de casernes, comices agricoles et fêtes locales. Sur les 577 députés, 385 ont une permanence géolocalisée sur notre carte — et tous restent joignables selon le mode d'emploi que nous avons détaillé. Leurs collaborateurs, à Paris comme en circonscription, ne sont pas non plus en congé simultané : les courriers et les dossiers individuels (logement, retraites, papiers) continuent d'arriver.
Ce travail de terrain remonte ensuite à Paris par un canal précis : la question écrite au gouvernement. L'exemple le plus parlant de l'été 2025 vient de Haute-Saône, où la fermeture d'un supermarché s'est retrouvée, fin août, sur le bureau du ministère du travail.
« Situation alarmante des salariés de l'ex-Leader Price à Gray » — question écrite déposée le 26 août 2025, en pleine suspension des travaux, au ministère du travail et de la santé.
Ce que les données montrent : les questions écrites ne s'arrêtent jamais
La question écrite est le seul instrument parlementaire qui fonctionne toute l'année, séance ou pas : le député la dépose en ligne, elle est publiée au Journal officiel, et le ministère interrogé doit répondre. Entre le 22 juillet et le 30 septembre 2025, 1 294 questions ont ainsi été déposées — et le flux inverse n'a pas cessé non plus : 1 133 réponses ministérielles sont arrivées pendant la même période. Le rythme baisse nettement en août (277 dépôts, contre 1 264 en juillet), mais il ne tombe jamais à zéro.
Les sujets déposés en plein août disent bien la double nature du mandat. Côté terrain, l'accès au permis de conduire dans les zones rurales, porté depuis l'Aveyron :
« Délais d'examen du permis : une impasse pour les jeunes en milieu rural » — question écrite déposée le 5 août 2025 au ministère de l'intérieur.
Côté grands dossiers, la géopolitique ne prend pas de pause non plus : le 5 août 2025, depuis la Somme, une question interpellait le Quai d'Orsay sur la doctrine militaire russe.
« La Russie a désigné la France comme son premier adversaire en Europe » — question écrite déposée le 5 août 2025 au ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Tous les bancs n'ont pas questionné au même rythme. Rapportée à l'effectif de chaque groupe, l'activité estivale place en tête les petits groupes de droite et les indépendants — le record individuel revenant à Éric Michoux (UDDPLR, Saône-et-Loire), 34 questions à lui seul, devant Michel Guiniot (RN, Oise), 26. À l'autre bout, le groupe EPR, principal soutien du gouvernement, est celui qui a le moins interrogé ses propres ministres : à peine plus d'une question par député sur toute la pause.
Septembre : la rentrée se prépare en coulisses
Si août est le mois de la circonscription, septembre est celui des coulisses. Les commissions permanentes reprennent leurs auditions avant l'hémicycle, les groupes tiennent leurs journées parlementaires de rentrée, et chacun affûte ses textes : propositions de loi pour les « niches » (ces journées réservées à l'ordre du jour de chaque groupe), amendements pour les textes de l'automne. Les chiffres de 2025 racontent cette montée en charge : 3 amendements déposés en août, 520 en septembre… puis 15 416 en octobre, quand le projet de loi de finances arrive en commission. C'est aussi l'été que les rapporteurs spéciaux du budget préparent leurs travaux : la loi organique impose le dépôt du projet de budget au plus tard le premier mardi d'octobre — cette année, le 6 octobre, cinq jours après la réouverture. Sur le rapport de force qui s'annonce, voir notre analyse du rejet des comptes 2025.
Et la pause peut voler en éclats
Dernier point que l'été 2025 a rappelé brutalement : la suspension n'est jamais garantie. Les articles 29 et 30 de la Constitution permettent au président de la République de convoquer une session extraordinaire à tout moment, sur demande du Premier ministre ou de la majorité des députés. Le 8 septembre 2025, en plein cœur de la « pause », l'Assemblée a ainsi été convoquée pour une déclaration de politique générale : François Bayrou, qui avait engagé la responsabilité de son gouvernement, a été renversé — 362 députés lui ont refusé la confiance, 177 la lui ont accordée. Un gouvernement peut donc tomber pendant les « vacances » parlementaires.
Le calendrier de l'été 2026
D'ici la rentrée, votre député reste donc en fonction — et joignable. Sa permanence figure sur notre carte des permanences, sa fiche NosParlementaires recense ses votes, ses questions et ses amendements, et notre guide explique comment le contacter. La meilleure période de l'année pour obtenir un rendez-vous est probablement celle-ci.