- Un budget se vote en deux temps : la première partie fixe les impôts et l'équilibre, la seconde partie répartit l'argent entre les « missions », qui correspondent en gros aux ministères (Justice, Agriculture, Enseignement scolaire…).
- Les députés n'ont pas fini la première partie dans les temps : son vote, prévu le 20 octobre, est reporté au mardi 3 novembre. La seconde partie, qui devait s'ouvrir le 27 octobre, commence donc ce jour-là.
- La fin, elle, ne bouge pas : la Constitution donne à l'Assemblée 40 jours, jusqu'au 17 novembre à minuit. Les dépenses de l'État devront être examinées en deux semaines au lieu de trois.
- La commission des finances a déjà passé au crible la plupart des missions, du 20 au 23 octobre : 2 845 amendements déposés sur la seconde partie, 366 adoptés.
- L'an dernier, la première partie du budget 2026 avait été rejetée par 404 voix contre 1 : les députés n'avaient jamais débattu des dépenses en séance.
Du mardi 3 au lundi 16 novembre, l'Assemblée nationale doit voter, ministère par ministère, les dépenses du budget 2027 de l'État. L'ordre du jour arrêté le 20 octobre par la conférence des présidents place quatorze des dix-huit discussions budgétaires sur dix jours de séance, de la culture le 3 novembre à la sécurité et l'immigration le 16. Quatre blocs, parmi les plus lourds, n'y ont pas encore de date : la défense, l'écologie et les transports, la santé et la solidarité, l'action extérieure et l'aide au développement. Ce calendrier ne vaut que si les recettes sont adoptées le 3 novembre : sinon, tout le budget tombe en première lecture.
Le calendrier, mission par mission
Chaque discussion suit le même déroulé, fixé par la direction de la séance : cinq minutes par rapporteur, cinq minutes par groupe, dix minutes pour le gouvernement, puis des questions-réponses de deux minutes. Elle se termine par le vote des crédits de la mission et des articles qui lui sont rattachés. Les dates ci-dessous sont celles de l'ordre du jour du 20 octobre ; la conférence des présidents peut encore les déplacer.
Le mercredi 11 novembre, férié, est sans séance. Les quatre discussions absentes de l'ordre du jour (Défense et Monde combattant, Écologie, Santé et Solidarité, Action extérieure et Aide publique au développement) devront trouver place le lundi 16 novembre, sous la ligne « suite des discussions budgétaires », ou lors d'une prochaine conférence des présidents. Elles ont déjà été examinées en commission.
Ce que la commission des finances a déjà changé
Sur les 2 143 amendements de crédits déposés en commission des finances, 311 ont été adoptés, selon l'open data de l'Assemblée arrêté au vendredi 23 octobre. Les plus gros mouvements concernent l'écologie : 88 amendements de crédits adoptés, dont deux identiques, de Vincent Descoeur (Droite républicaine, rapporteur) et de Maxime Laisney (LFI), qui ajoutent 2 milliards d'euros au chèque énergie (II-CF893, II-CF1261). Les socialistes ont fait adopter 1,5 milliard pour remonter le Fonds vert des collectivités (II-CF995, Stéphane Delautrette), et le RN Auguste Evrard, au nom de la commission du développement durable, 1,1 milliard pour les trains de nuit (II-CF813).
« Ce contexte difficile est instrumentalisé pour nourrir, je l’ai dit, un catastrophisme qui n’a qu’un seul but : trouver un prétexte pour baisser les dépenses publiques, ce qui légitime la casse de notre modèle social et abîme les services publics. »
Les socialistes déposent le plus, le RN obtient le moins
Les socialistes ont déposé le plus d'amendements de crédits (490) et en ont fait adopter le plus (77). Le camp présidentiel, avec moins de textes, en a fait passer 64 pour Ensemble pour la République et 18 pour les Démocrates. Le RN, deuxième déposant avec 364 amendements, n'en a fait adopter que 16, soit 4 %. Les rapporteurs, qui parlent au nom de la commission, signent 86 des 311 amendements adoptés.
« Si nous réduisions réellement les dépenses publiques, nous n’aurions peut-être pas 50 milliards d’euros de charge de la dette à payer, et certains efforts demandés aux Français seraient immédiatement effacés. »
Ce que la commission n'a pas encore examiné
Au 23 octobre, aucun sort n'était encore publié pour plusieurs missions : Outre-mer (270 amendements de crédits en attente), Enseignement scolaire (152), Travail et emploi (99), Sport, jeunesse et vie associative (81), Sécurités (76), Économie (65), Immigration (38) et Relations avec les collectivités territoriales (31). L'open data de l'Assemblée retarde de un à trois jours sur les votes de commission : ces chiffres seront complétés.
« Pour le Rassemblement national, aucun nouvel effort ne peut être imposé aux retraités avant un véritable plan de réduction des dépenses publiques inefficaces. »
Pour suivre chaque vote, retrouvez notre dossier budget 2027 et les pages « ce qui change » pour les retraités, les fonctionnaires ou les familles. Les fiches de vos députés indiquent leurs amendements et leurs votes.