- Le budget de l'État se vote chaque automne : le projet de loi de finances (PLF) doit être déposé au plus tard le premier mardi d'octobre, soit le 6 octobre 2026 pour le PLF 2027 (article 39 de la loi organique relative aux lois de finances).
- La Constitution enferme le débat dans un délai strict : 40 jours pour l'Assemblée en première lecture, 20 pour le Sénat, 70 jours au total pour le Parlement (article 47). Passé ce délai, le gouvernement peut mettre le texte en vigueur par ordonnance.
- Le 15 juillet 2026, la conférence des présidents de l'Assemblée — l'instance qui fixe l'ordre du jour — a arrêté les dates précises de discussion des textes budgétaires de l'automne.
- La session ordinaire 2026-2027 s'ouvre le 1er octobre 2026 mais s'arrêtera le 28 février 2027, pour laisser place à la campagne présidentielle (premier tour le 18 avril, second tour le 2 mai).
- Vingt semaines de session au lieu de trente-six : les journées réservées aux groupes, dites « niches parlementaires », devront se tenir à raison de deux par mois au lieu d'une.
- L'an dernier, ce même calendrier n'a pas tenu. Le PLF 2026 a donné lieu à 927 scrutins publics à l'Assemblée, sa première partie a été rejetée, la France a démarré l'année sous une loi spéciale et le budget n'a été adopté que le 2 février 2026, par 49.3.
La conférence des présidents de l'Assemblée nationale a arrêté le 15 juillet 2026 le calendrier d'examen des textes budgétaires pour 2027. Il tient en cinq semaines : discussion de la première partie du projet de loi de finances du lundi 12 au lundi 19 octobre, vote solennel sur cette première partie le mardi 20 octobre, projet de loi de financement de la sécurité sociale dans la foulée jusqu'au 27 octobre, puis seconde partie du PLF et vote solennel sur l'ensemble du budget le mardi 17 novembre. Du premier scrutin au vote final : trente-six jours. L'an dernier, le PLF 2026 avait mis quatorze semaines à être adopté — et pas par un vote.
Le calendrier arrêté le 15 juillet, date par date
Le relevé de conclusions de la conférence des présidents fixe les bornes suivantes. Deux semaines de séance ont été interverties pour les tenir : celle du 12 octobre, initialement « semaine du Gouvernement », devient une semaine budgétaire ; celle du 16 novembre fait le chemin inverse.
Le précédent : le vote du 20 octobre est celui qui a fait tomber le budget 2026
Le vote solennel sur la première partie n'a rien d'une formalité. Le 21 novembre 2025, l'Assemblée a rejeté la première partie du PLF 2026 par 1 voix pour, 404 contre et 84 abstentions — un rejet quasi unanime, tous bancs confondus, qui a mis fin à la première lecture et privé le texte de la moitié qui porte les recettes. C'est ce vote-là que le calendrier 2027 place au 20 octobre.
Le blocage a ensuite déroulé toute la mécanique de secours prévue par les textes. La commission mixte paritaire du 19 décembre 2025 a échoué ; l'Assemblée a voté le 23 décembre une loi spéciale, promulguée le 27, autorisant l'État à lever l'impôt à partir du 1er janvier faute de budget — par 496 voix pour, 0 contre et 62 abstentions. C'était la deuxième année consécutive : décembre 2024 avait déjà connu la même procédure.
« Le projet de loi spéciale que nous examinons n'est pas un texte comme les autres. Il est la conséquence directe de l'échec de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances pour 2026. »
Ce que le budget occupe réellement dans l'hémicycle
Le calendrier de la conférence des présidents dit combien de jours sont réservés au budget. Il ne dit pas combien de votes il produit. Sur la session 2025-2026, la base de données de l'Assemblée en donne la mesure : le projet de loi de finances pour 2026 a généré à lui seul 927 scrutins publics, répartis sur 17 jours de séance, du 24 octobre 2025 au 15 janvier 2026. Le PLFSS 2026 en a ajouté 525. Au total, les textes budgétaires ont représenté 1 523 des 4 849 scrutins de la session, soit près d'un vote sur trois.
Le pic de novembre 2025 — 859 scrutins en un mois — correspond exactement à la fenêtre que le calendrier 2027 ramène à huit jours pour la première partie. La séance du 21 novembre 2025, à elle seule, a produit 147 scrutins publics.
« À la veille de la fête de Noël, les Français attendaient un budget ; ils découvrent que la crèche est vide. »
Les quatre points où le calendrier peut casser
Le calendrier du 15 juillet décrit un parcours nominal. Chacune de ses étapes dispose d'une porte de sortie, et toutes ont été empruntées lors du budget 2026.
« Personne ne peut sérieusement croire à la possibilité de vivre une année entière sous l'empire d'une loi spéciale, qui permet certes de payer les fonctionnaires mais n'offre aucun cadre juridique pour la distribution des dotations et des subventions. »
Une session amputée, et deux niches par mois
La contrainte qui distingue 2026-2027 des sessions précédentes n'est pas budgétaire : elle est électorale. En s'arrêtant le 28 février au lieu de fin juin, la session perd quatre mois. Les journées d'initiative réservées aux groupes d'opposition et minoritaires — une par groupe et par session, garanties par l'article 48 de la Constitution — doivent donc se caser en cinq mois au lieu de neuf, à raison de deux par mois. Sur les vingt semaines de session, cinq seulement seront exemptes d'examen de textes de niche, en commission ou en séance.
Concrètement, chaque semaine de l'automne mêlera budget et propositions de loi de groupes. Le Rassemblement national ouvre la série le 8 octobre ; l'Union des droites pour la République d'Éric Ciotti fermera la marche, dix jours avant la clôture de la session. Entre les deux, l'hémicycle devra tenir le calendrier budgétaire arrêté le 15 juillet.
Suivre le budget 2027 vote par vote
À partir du 12 octobre, chaque scrutin public sur le PLF 2027 sera enregistré et attribué nominativement. Vous pouvez suivre la position de votre député sur sa fiche personnelle, comparer les textes en cours d'examen, et retrouver le rapport de force hérité du budget précédent dans notre analyse des 927 scrutins du PLF 2026. Pour le mode d'emploi des outils que le gouvernement et l'opposition dégaineront cet automne, voir notre guide sur le 49.3 et la motion de censure.