- Députée de la 2e circonscription de Seine-Maritime (Bonsecours, plateau est de Rouen) depuis le 18 juin 2017, réélue en 2022 puis le 7 juillet 2024 avec 59,9 % des voix face au Rassemblement national, après le retrait du candidat de gauche. Née le 17 septembre 1956 à La Bohalle, dans le Maine-et-Loire : elle aura 70 ans dans neuf jours.
- Vice-présidente de la commission des affaires sociales, membre du groupe Ensemble pour la République (Renaissance). Troisième mandat.
- Technicienne de laboratoire de biologie médicale, puis cadre supérieure de pôle et ingénieure chargée de projets au CHU de Rouen, dont elle est retraitée. Conseillère municipale d'opposition à Bonsecours de 2014 à 2017.
- Rapporteure générale de la proposition de loi sur les soins palliatifs, devenue la loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 garantissant l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs.
- Elle a voté contre l'aide à mourir aux trois lectures décisives, alors que son groupe votait pour à chaque fois.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Ce mardi 8 septembre à 11 heures, dans une réunion commune des commissions des lois et des affaires sociales, quatre députées présentent la communication de la mission « flash » sur les suites à donner à l'affaire Joël Le Scouarnec : Gabrielle Cathala (LFI), Laure Miller (EPR), Sandrine Rousseau (écologiste) et Annie Vidal (EPR). Créée en avril 2026, la mission a passé cinq mois à chercher pourquoi un chirurgien condamné dès 2005 a pu continuer d'exercer et d'agresser pendant deux décennies malgré les alertes. Ses conclusions doivent servir de base à une proposition de loi.
Des quatre rapporteures, Annie Vidal est la moins connue. C'est pourtant elle qui, en dix-huit mois, a fait promulguer une loi sur les soins palliatifs, déposé un texte sur les 800 000 majeurs protégés — et pris ses distances avec son propre camp comme aucun autre député macroniste. Nos données le mesurent : sur les 2 358 votes qu'elle a exprimés depuis juillet 2024, 673 la placent en désaccord avec la majorité de son groupe. Son taux d'alignement, 71,5 %, est le plus faible des 95 députés d'Ensemble pour la République ayant voté plus de 300 fois. La médiane du groupe est à 96,9 %.
Une loi gagnée, une bataille perdue
Le texte sur la fin de vie déposé en 2024 avait été scindé en deux au printemps 2025 : d'un côté l'aide à mourir, de l'autre les soins palliatifs. Annie Vidal a hérité du second. Elle en est la première signataire et la rapporteure générale, et le résultat se lit dans nos chiffres : sur le dossier soins palliatifs et d'accompagnement, elle a rédigé 123 amendements, dont 86 ont été adoptés — sept sur dix. Le texte a été voté à l'unanimité en première lecture le 27 mai 2025, puis promulgué le 26 mai 2026 sous le nom de loi n° 2026-404. Il consacre un droit à l'accompagnement palliatif pour toute personne atteinte d'une maladie grave, quel que soit son âge ou son lieu de vie, et impose de nouvelles obligations aux établissements médico-sociaux. C'est le premier texte de sa carrière parlementaire à devenir une loi.
« C'est précisément pour éviter toute confusion entre accompagnement et soins palliatifs d'un côté, et aide à mourir de l'autre, que le texte de 2024 était scindé en deux. Je serai défavorable à tous les amendements qui veulent mentionner dans ce texte l'aide à mourir, la substance létale, l'euthanasie ou encore le suicide assisté. »
Annie Vidal, rapporteure, séance du 12 mai 2025, premier jour d'examen de sa proposition de loi sur les soins palliatifs.
Sur l'autre moitié du texte, l'inverse. Sur le dossier droit à l'aide à mourir, elle a déposé 239 amendements — 4 ont été adoptés, soit 1,7 %. Elle y a pris 175 fois la parole. Beaucoup de ses amendements visaient les majeurs protégés, la place du médecin, le délai de reconsidération, l'irresponsabilité pénale des soignants. Aucun n'a inversé le rapport de force : elle a voté contre l'ensemble du texte en deuxième lecture le 25 février 2026, en nouvelle lecture le 30 juin, puis en lecture définitive le 15 juillet. Les trois fois, la majorité de son groupe a voté pour.
Les 800 000 majeurs protégés, et la Seine-Maritime
Son second texte en première signataire prolonge le premier : moderniser et simplifier la protection juridique des majeurs, déposé le 14 octobre 2025 avec 52 cosignataires de plusieurs groupes. Mandat de gestion immobilière, remplacement d'un tuteur indisponible, mandat de protection future aux fins d'assistance, élargissement du cercle familial pour l'habilitation : des mesures techniques, issues du rapport Caron-Déglise. La commission des lois l'a adopté le 6 mai 2026 — elle y a fait passer 18 de ses 29 amendements — et le texte est venu en séance le 11 mai. Son rapport est en ligne.
« En France, plus de 800 000 personnes font l'objet d'une mesure de protection juridique. Dans les quarante prochaines années, le nombre d'ouvertures de mesures de protection augmentera de deux tiers, pour atteindre 175 000 par an. »
Annie Vidal, séance du 11 mai 2026, présentation de sa proposition de loi sur la protection juridique des majeurs.
Sa circonscription apparaît surtout dans ses questions, peu nombreuses : 19 questions écrites, 2 questions orales sans débat et 2 questions au gouvernement en deux ans. Les deux orales sont locales — le contournement est de Rouen et la liaison A28-A13, puis la régulation des sangliers. Les écrites restent dans son domaine : le cumul d'activités des agents hospitaliers, la revalorisation de la convention collective 66 du secteur social, la pénibilité du métier d'urgentiste face aux canicules en juillet 2026, ou encore le transfert des compétences eau et assainissement aux intercommunalités. Sa première question au gouvernement de la législature, en octobre 2024, portait déjà sur les mesures en faveur des personnes âgées.
Discipline et présence
Le chiffre qui la distingue est celui de la loyauté. Sur les votes qu'elle a exprimés, Annie Vidal s'est rangée 71,5 % du temps sur la position majoritaire d'Ensemble pour la République : 1 685 votes alignés, 673 divergents. Aucun autre député du groupe ayant voté plus de 300 fois ne descend aussi bas ; la deuxième, Astrid Panosyan-Bouvet, est à 81,9 %, et la médiane du groupe atteint 96,9 %. Sur l'échelle affichée sur sa fiche, cela la classe « assez indépendante ».
Cette indépendance a une cause unique, et il faut le dire pour ne pas se tromper de portrait : 595 de ses 673 votes divergents, soit 88 %, portent sur l'aide à mourir ou la fin de vie. Le partage est net : sur les 700 scrutins liés à la fin de vie auxquels elle a participé, elle n'a suivi la majorité de son groupe que 15 % du temps ; sur les 1 658 autres, 95,3 %. Ce n'est pas une frondeuse de tous les instants, c'est une élue qui a mené une bataille de conviction pendant dix-huit mois, article après article, amendement après amendement, jusqu'au vote final. Ses positions ont d'ailleurs été applaudies sur des bancs qui ne sont pas les siens.
« À titre personnel, je considère que l'accès universel aux soins palliatifs doit être un préalable au droit à l'aide à mourir. »
Annie Vidal, séance du 26 juin 2026, nouvelle lecture de la proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir.
Côté présence, elle a pris part à 2 358 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 28,0 %. C'est au-dessus de la médiane de l'Assemblée, qui s'établit à 23,5 % : elle se classe 221e sur 606 députés ayant voté au moins une fois, et 21e sur 100 au sein de son groupe. La courbe monte d'année en année : 17,0 % des scrutins en 2024, 25,6 % en 2025, 32,6 % depuis janvier 2026. Elle a voté 1 160 fois contre, 1 141 fois pour, et s'est abstenue 57 fois — un équilibre inhabituel pour une députée de la majorité présidentielle. Ses 725 prises de parole en séance se concentrent sur trois dossiers : la fin de vie, le budget de la Sécurité sociale pour 2026 et sa propre proposition de loi.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, interventions en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire d'Annie Vidal sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à celle de ses collègues dans nos classements.