- Sénatrice des Ardennes depuis octobre 2020, membre des Républicains, dont elle préside la fédération départementale. Réélue le 27 septembre 2026 dès le premier tour, pour un second mandat de six ans.
- Née le 24 décembre 1961 à Villers-Semeuse, dans les Ardennes, 64 ans. Professeure d'histoire-géographie.
- Conseillère départementale du canton de Charleville-Mézières-3 depuis 2015, réélue en 2021. Elle a été vice-présidente du département de 2015 à 2020.
- Ancienne adjointe au maire de Charleville-Mézières, où elle est entrée au conseil municipal en 2008, dans l'opposition, avant de rejoindre la majorité en 2014.
- Au Sénat, elle a siégé six ans au groupe Les Républicains et à la commission de la culture, dont elle était secrétaire. Elle a aussi été secrétaire de la délégation aux entreprises et membre de la délégation aux droits des femmes.
- Elle a signé quatre rapports d'information, dont trois sur le patrimoine, et déposé trois propositions de loi depuis décembre 2025.
Dimanche 27 septembre, Else Joseph a été réélue sénatrice des Ardennes dès le premier tour : 477 voix sur 922 suffrages exprimés, soit 51,74 %, pour une majorité absolue fixée à 462. Elle est la seule des sept candidats à passer la barre le matin. Il a fallu trois recomptages avant que le résultat soit validé, rapporte France 3 Champagne-Ardenne. L'autre sortant, Marc Laménie (Horizons), a dû attendre le second tour, qu'il a emporté avec 466 voix. Pour Else Joseph, le contraste avec 2020 est net. Cette année-là, elle n'avait obtenu que 283 voix au premier tour et avait décroché le second siège au second, avec 365 voix : 17 de plus que l'ancien président de la région Champagne-Ardenne, Jean-Paul Bachy. Six ans plus tard, le même adversaire recueille 196 voix et se retire avant le second tour. Qu'a-t-elle fait de ce premier mandat ? Ses questions, ses amendements et ses votes décrivent une sénatrice qui interpelle le gouvernement beaucoup plus qu'elle n'amende la loi, et qui s'écarte de son groupe quand il est question de culture ou de patrimoine.
« C'est le fruit d'un travail de six ans au cours desquels j'ai essayé d'être en permanence au contact avec le terrain. »
À l'hebdomadaire Matot Braine, au lendemain de sa réélection, le 28 septembre 2026.
232 questions : près de trois fois la médiane
C'est le chiffre qui la distingue. Depuis octobre 2020, Else Joseph a adressé 232 questions au gouvernement. Parmi les 152 sénateurs dont le mandat couvre les mêmes six années, la médiane est à 80, et douze seulement en ont posé davantage. Chez les 67 Républicains de ce groupe de comparaison, la médiane est à 99.
Le total demande une précision. Quarante-cinq de ces questions sont des redépôts : des questions écrites restées sans réponse, qu'elle a déposées à nouveau, mot pour mot, après un changement de gouvernement, pour l'essentiel en juillet 2022 et en octobre 2024. Restent 187 questions distinctes. Au total, 155 des 232 ont obtenu une réponse.
La santé arrive en tête, devant les collectivités et la culture. Et les Ardennes reviennent sans cesse : 35 des 187 questions citent le département ou l'une de ses villes. Elle interroge le gouvernement sur la desserte TGV puis sur la suppression des rames directes du vendredi vers Charleville-Mézières, Rethel et Sedan, sur les accidents ferroviaires après un accident mortel à Donchery en novembre 2022, sur un projet de forêt primaire qu'elle juge imaginé « sans concertation », sur les communes d'Ardenne Rives de Meuse, autour de Givet, qui ne captent pas toutes les radios, la bande FM étant saturée par la proximité de la Belgique.
Le dossier qu'elle porte le plus haut est celui de la maternité de Sedan. En mars 2023, elle dépose une question orale contre sa fermeture annoncée. Les accouchements y sont suspendus le 29 mars. Le 5 avril, elle obtient une question d'actualité dans l'hémicycle. Un an plus tard, les accouchements n'avaient pas repris, relevait ICI Champagne-Ardenne.
« Qu'envisagez-vous de faire pour que la suspension provisoire de l'activité de la maternité de Sedan ne se transforme pas en arrêt définitif, laissant le département des Ardennes avec une seule maternité ? »
Question d'actualité au gouvernement sur le maillage des maternités, séance du 5 avril 2023. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses cinq questions d'actualité disent aussi autre chose. Deux portent sur Taïwan, dont elle demande l'admission à l'Organisation mondiale de la santé, en mai 2024 puis en juin 2025. L'agenda du Sénat la montre assidue au groupe d'échanges et d'études Sénat-Taïwan, avec 25 réunions en six ans. La dernière, le 22 octobre 2025, concerne les PFAS, ces polluants dits éternels : treize communes des Ardennes ont dû restreindre l'été précédent la distribution d'eau potable. Elle demande pour elles une dérogation au plafond de 80 % de subventions publiques.
« Impossible n'est ni français ni ardennais, nous l'avons déjà prouvé. Nous pouvons, nous devons agir pour l'accès à l'eau potable de nos habitants, et pas seulement dans les Ardennes. »
Question d'actualité au gouvernement sur les PFAS, séance du 22 octobre 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le casino de Sedan, son amendement devenu loi
Son résultat législatif le plus concret tient en une phrase, ajoutée à une proposition de loi sur les casinos. Le 16 mai 2023, le Sénat adopte son amendement n° 2 : il autorise un casino dans une commune touristique membre d'une intercommunalité de plus de 100 000 habitants, à raison d'un par département frontalier qui n'en compte aucun. Le rapport de l'Assemblée nationale note que, selon le ministère de l'intérieur, deux départements seulement remplissent ces conditions : les Ardennes et la Meurthe-et-Moselle. Les députés votent le texte sans le modifier. La loi est promulguée le 14 décembre 2023.
La suite se joue à Sedan. Le 15 décembre 2025, la ville désigne le groupe Tranchant pour construire et exploiter l'établissement. L'ouverture est annoncée pour la fin de 2027, avec environ 80 emplois à la clé, d'après ICI Champagne-Ardenne et le magazine Les Enjeux.
87 amendements, onze adoptés
Sur les amendements, le bilan est plus mince. Else Joseph en a déposé 87 en premier auteur en six ans, et en a cosigné 2 704 avec ses collègues. La médiane des 152 sénateurs comparables est à 158. Ils sont 110 à en avoir déposé davantage.
Onze ont été adoptés, soit 12,6 %. Sur la même période, 24 % des amendements des 152 sénateurs comparables l'ont été, et 39 % de ceux des Républicains, qui forment le premier groupe de la majorité sénatoriale. Vingt-quatre des siens ont été rejetés, treize retirés, douze sont tombés, huit n'ont pas été soutenus en séance, trois étaient déjà satisfaits. Et seize ont été déclarés irrecevables, dont huit sur les budgets de la Sécurité sociale et la réforme des retraites.
Trois des onze datent du budget 2023 : un relèvement du crédit d'impôt pour le spectacle vivant, un report de la réforme de la TVA sur les travaux de rénovation énergétique, et la possibilité de voter pour plusieurs années la répartition du fonds de péréquation entre une intercommunalité et ses communes. Les autres, votés au Sénat sans préjuger du texte final, touchent des sujets très concrets. En mars 2024, dans une proposition de loi sur les troubles de voisinage, elle fait écrire que le bruit des enfants dans les crèches et les aires de jeux n'en est pas un. En février 2025, elle fait interdire les signes politiques ou religieux ostensibles aux sportifs sélectionnés en équipe de France, dans la proposition de loi sur la laïcité dans le sport. Dans le budget 2026, elle fait modifier les critères d'accès au fonds de sauvegarde des départements. En juin 2026, elle fait adopter le principe du « dites-le-nous une fois » pour les demandes de subvention des communes.
Neuf de ses amendements visaient la proposition de loi sur l'aide à mourir, en deuxième lecture, en mai 2026 : un pronostic vital attesté par deux médecins indépendants, un dernier entretien seul à seul avec le patient, la saisine du procureur en cas de pressions. Huit sont devenus sans objet, le neuvième a été déclaré irrecevable. Le 7 juillet, elle a voté la motion par laquelle le Sénat a renoncé à débattre du texte, par 169 voix contre 164.
Culture et patrimoine : là où elle quitte son groupe
Sa spécialité est le patrimoine. Elle a signé quatre rapports de la commission de la culture : sur les crédits du plan de relance pour le patrimoine en mars 2022, sur l'expertise patrimoniale française à l'étranger en octobre 2023, sur la loi de 2016 relative à la création artistique en novembre 2024, puis, le 7 juillet 2026, sur le patrimoine monumental comme levier de développement des territoires. Quatorze de ses questions s'adressent au ministère de la Culture. La première question d'actualité de son mandat, le 12 mai 2021, portait sur les festivals de l'été, du Cabaret vert au Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières : « Un festival, ce n'est pas une séance de cinéma. »
C'est sur ce terrain qu'elle vote contre les siens. Le 12 décembre 2025, la commission des finances propose de retirer 87 millions d'euros au budget de la culture, pris sur la part individuelle du pass Culture. Les Républicains votent pour, par 124 voix. Else Joseph est l'une des trois du groupe à voter contre. L'amendement est rejeté par 206 voix contre 132.
Le 7 juillet 2026, le jour du dépôt de son rapport sur le patrimoine monumental, le Sénat examine le projet de loi sur le logement. Son article 2 remplace, pour certaines opérations, l'accord de l'architecte des Bâtiments de France par un avis simple. Elle dépose un amendement pour supprimer cette disposition, puis vote le rétablissement de l'avis conforme avec sept autres Républicains, contre 122. Les amendements sont rejetés par 190 voix contre 137. Nous avions raconté cette fronde de la commission de la culture.
Discipline et présence
Ces écarts restent rares. Sur ses 1 572 votes, Else Joseph s'est retrouvée 1 555 fois du côté de la majorité des sénateurs Les Républicains, soit 98,9 %. Elle a voté la loi sur l'immigration en novembre puis en décembre 2023, la première partie des budgets pour 2024, 2025 et 2026, la réforme de l'audiovisuel public en juillet 2025. Le 28 février 2024, elle vote l'inscription de l'IVG dans la Constitution, adoptée par 267 voix contre 50, après avoir voté contre une première proposition en octobre 2022.
Parmi les 17 écarts, le plus politique date de la réforme des retraites. Dans la nuit du 8 au 9 mars 2023, le Sénat adopte l'article 7, qui porte l'âge légal à 64 ans, par 201 voix contre 115. Le groupe Les Républicains vote pour, par 127 voix. Else Joseph s'abstient, avec quatorze autres membres du groupe. Elle vote ensuite l'ensemble du texte, le 11 mars, puis les conclusions de la commission mixte paritaire, le 16.
Un autre porte la marque de la professeure d'histoire. Le 2 février 2023, le Sénat rejette par 218 voix contre 113 l'article principal de la proposition de loi qui réhabilite les soldats « fusillés pour l'exemple » de la Première Guerre mondiale. Chez Les Républicains, 138 votent contre. Ils sont trois à voter pour, dont elle.
Deux autres relèvent de l'élue départementale. Le 2 décembre 2025, le Sénat adopte à une voix près, 170 contre 169, une hausse de la taxe sur les contrats d'assurance destinée à financer les services d'incendie et de secours. Vingt Républicains votent pour, dont elle. Ils sont 103 à voter contre. Le 26 novembre 2024, elle avait défendu son propre amendement de suppression de l'article 4 du budget 2025, qui remplace l'accès régulé à l'électricité nucléaire, l'Arenh, par un nouveau mécanisme : un dispositif « complexe, inefficace et inutile », écrivait-elle, une « usine à gaz indéchiffrable ». Des amendements identiques venaient des communistes, des socialistes, des écologistes et de sénateurs du Rassemblement national. Deux Républicains seulement votent la suppression, rejetée par 219 voix contre 119.
Sur la présence, les chiffres sont bons. Elle a pris part à 1 572 des 1 575 scrutins publics recensés dans notre base depuis octobre 2020. La médiane des 152 sénateurs comparables est à 1 561, et 35 ont voté davantage. Le taux doit beaucoup à la règle du Sénat, où chaque groupe dépose les bulletins de ses membres. Les trois scrutins manquants le montrent : une résolution sur la filière du chanvre, en novembre 2022, où 123 Républicains ne votent pas, et deux votes du 21 janvier 2026 sur l'aide à mourir, où dix-huit puis seize membres du groupe font comme elle.
L'agenda officiel du Sénat lui compte 480 jours de présence depuis octobre 2020, dont 384 journées de séance publique, pour 2 674 heures de séances et de réunions. La médiane des 152 est à 494 jours et 2 328 heures : elle vient un peu moins souvent, et reste plus longtemps. Sur les douze derniers mois, année de campagne, elle est à 76 jours et 442 heures, quand la médiane est à 63 jours. Vingt sénateurs seulement font mieux. Sur les sanctions : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers législatifs
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