- Sénateur des Bouches-du-Rhône depuis 2020, réélu le 27 septembre 2026 en troisième position de la liste d'union de la gauche conduite par Jérémy Bacchi (PCF) : 1 008 voix, trois sièges sur huit.
- Né le 25 juillet 1954, il a 72 ans. Il se déclare retraité.
- Adhérent d'Europe Écologie-Les Verts depuis 2011, secrétaire régional du parti en Provence-Alpes-Côte d'Azur à partir de novembre 2013 ; ancien adjoint au maire de La Bouilladisse.
- Fait d'armes de la semaine : l'un des sept amendements identiques qui ont rétabli l'imprescriptibilité des viols sur mineurs au Sénat, le 28 octobre, par 252 voix contre 80.
- Membre du groupe Écologiste - Solidarité et Territoires ; secrétaire du Sénat de 2023 à 2026.
- Vice-président de la commission des lois et membre de la commission des affaires européennes.
En une semaine au Sénat, Guy Benarroche a perdu une bataille et en a gagné une autre. Le 27 octobre, il a tenté avec sa collègue écologiste Anne Souyris de supprimer les deux mesures phares du projet de loi « casseurs-payeurs » : la responsabilité solidaire des participants à un attroupement violent et la saisie des aides au logement et des allocations familiales. Rejeté deux fois. Le lendemain, son amendement rétablissant l'imprescriptibilité des viols commis sur des mineurs, supprimée par la commission des lois dont il est vice-président, a été adopté avec ceux de cinq autres sénateurs et du gouvernement. Portrait en données d'un des sénateurs les plus prolifiques en amendements, réélu il y a cinq semaines.
L'imprescriptibilité, contre sa propre commission
Aujourd'hui, un viol commis sur un enfant se prescrit trente ans après la majorité de la victime. En juillet, les députés avaient voté l'imprescriptibilité de ces crimes dans le projet de loi relatif à la protection des enfants. Le 21 octobre, la commission des lois du Sénat l'a supprimée, ses rapporteures invoquant « la tradition juridique », rapporte Public Sénat.
Guy Benarroche a déposé avec treize autres sénateurs écologistes un amendement pour la rétablir, limité aux viols sur mineurs. Six autres amendements identiques venaient de la centriste Annick Billon, du macroniste Xavier Iacovelli, de Laurence Muller-Bronn et Valérie Bazin-Malgras (LR), de Marie-Claude Lermytte (RDSE) et du gouvernement. Le 28 octobre, le Sénat les a adoptés par 252 voix contre 80, contre l'avis de sa commission. C'est le seul de ses 21 amendements de séance sur ce texte à avoir été adopté : les autres, contre l'alourdissement des peines ou pour étendre le contrôle des antécédents judiciaires des animateurs périscolaires, ont été rejetés, retirés, sont tombés ou ont été déclarés irrecevables.
« Pour les crimes sexuels commis sur un enfant, le temps ne doit plus jamais effacer le droit d'agir. »
Guy Benarroche, exposé des motifs de son amendement n° 273 rectifié ter au projet de loi relatif à la protection des enfants, adopté par le Sénat le 28 octobre 2026.
Le Sénat se prononce sur l'ensemble du texte mardi 3 novembre à 14 h 30, par un scrutin public solennel. Le gouvernement ayant engagé la procédure accélérée, une commission mixte paritaire de sept députés et sept sénateurs devra ensuite s'accorder sur une version commune : l'imprescriptibilité, votée par les deux chambres, n'est pas encore acquise. Le texte pourrait aussi être soumis au Conseil constitutionnel.
« Casseurs-payeurs » : deux amendements, deux défaites
La veille, Guy Benarroche siégeait dans le camp minoritaire. Sur le projet de loi « casseurs-payeurs », il cosigne avec Anne Souyris une série d'amendements de suppression. Le premier visait l'article 1er, qui rend les participants à un attroupement violent solidairement responsables des dégâts, même s'ils ne les ont pas commis eux-mêmes : une « présomption de culpabilité par association », selon l'exposé des motifs. Il est rejeté par 240 voix contre 96. Le second visait l'article 4, qui permet de saisir les aides au logement et les allocations familiales pour payer les dommages : une « forme de punition collective ». Rejeté par 229 voix contre 109. Dans la nuit, le texte est adopté par 229 voix contre 105 ; il vote contre, comme toute la gauche (notre article sur le vote).
Le contexte de ce texte, ce sont les violences de la journée de mobilisation du 17 octobre. Le 21 octobre, lors des questions d'actualité au gouvernement, Guy Benarroche commence par condamner « fermement toutes les violences », puis conteste la version du préfet sur ce qui s'est passé à Marseille. Dans la même séance, son collègue des Bouches-du-Rhône Renaud Muselier dénonçait la « convergence des brutes ».
« À Marseille, le préfet affirme que les gens ne sont pas venus manifester. Pour avoir été présent, je puis dire que ce que j'ai observé ne correspond en rien à cette présentation des choses. »
Guy Benarroche, question d'actualité au gouvernement sur les violences du 17 octobre, séance du Sénat du 21 octobre 2026.
La commission des lois, son terrain
Depuis son entrée au Sénat en octobre 2020, Guy Benarroche a déposé 1 157 amendements en premier signataire, dont 76 adoptés, et en a cosigné plusieurs milliers d'autres avec son groupe. Sur la période commune à tous les sénateurs, depuis octobre 2023, il en compte 575 : la médiane est de 55, et seuls 11 sénateurs en ont déposé davantage. Ses cibles : les grands textes régaliens de la commission des lois (immigration, programmation de la justice et de l'Intérieur, narcotrafic, occupation illicite des logements), mais aussi la réforme des retraites de 2023 et les textes sur les collectivités locales. Chaque automne, il est le rapporteur pour avis de la commission des lois sur les crédits des juridictions administratives et financières ; il est aussi co-auteur d'un rapport d'information sur la Polynésie française (2024).
Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr. Un amendement déposé en commission puis redéposé en séance compte deux fois.
Le classement thématique de sa fiche, qui répartit toute son activité par domaine, place en tête le travail et les questions sociales, loin devant le numérique et la santé.
Classement thématique de sa fiche NosParlementaires ; un amendement rattaché à plusieurs thèmes est partagé entre eux.
Marseille, la Camargue, Gardanne
Ses questions au gouvernement racontent son ancrage provençal. En mars 2026, il interroge Bercy sur le soutien public à la centrale biomasse de Gardanne, dont le coût pourrait atteindre ou dépasser 800 millions d'euros selon un rapport de la Cour des comptes, et sur ses importations de bois du Brésil. En juillet, il demande des garanties sur la ligne à très haute tension de 400 kV entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer, dont le tracé traverse la Camargue et la Crau. Le même mois, il réclame le rapport promis par la loi « Paris-Lyon-Marseille » sur le transfert de compétences aux mairies d'arrondissement, attendu depuis février.
Au plan national, ses questions d'actualité portent sur la justice et la police : l'indépendance de la justice (octobre 2025), le narcotrafic après l'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille (novembre 2025), la surpopulation carcérale pendant la grève des surveillants de prison (avril 2026).
« Les conditions actuelles font de la prison une machine à favoriser la récidive, la réitération, un lieu d'apprentissage de la délinquance. »
Guy Benarroche, question d'actualité au garde des Sceaux sur la surpopulation carcérale, avril 2026.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, notre base compte 954 scrutins publics auxquels il pouvait prendre part. Il en a voté 921, soit 96,5 %. C'est moins que la médiane des sénateurs (99,2 %) : 464 des 626 sénateurs mesurés sur cette période font mieux. Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : ce taux mesure surtout la discipline de vote du groupe. L'agenda officiel du Sénat, lui, lui attribue 70 jours et 368 heures d'activité sur les douze derniers mois, au-dessus de la médiane des sénateurs en exercice (61 jours, 253 heures) ; 73 d'entre eux en comptent plus d'heures. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux.
Sur ses 921 votes, il n'a divergé qu'une fois de la position majoritaire du groupe écologiste. Hors de son groupe, il vote le plus souvent comme les communistes (84 %) et les socialistes (83 %), le moins souvent comme Les Républicains (20 %).
UNT : groupe des sénateurs RN. RDPI : groupe des sénateurs macronistes. Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.
Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Deux épisodes ont toutefois mis en cause le sénateur dans la presse. En février 2025, la nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel a été validée à une voix près par les commissions des lois des deux chambres ; Guy Benarroche, en déplacement ce jour-là, n'avait pas voté. Il avait expliqué à France 3 qu'une procuration lui avait été refusée, ce que relevait aussi Off Investigation. Plus récemment, Marsactu a révélé qu'il avait été contrôlé au volant le 25 septembre 2026, deux jours avant sa réélection, avec un permis de conduire sans aucun point, selon le site depuis décembre 2014. Joint par Marsactu, il avait dit ne pas avoir « souvenance » de ce contrôle. Il doit comparaître en mars 2027 à Marseille dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable, selon Marsactu, information reprise par Marseille Rock Island.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions sont détaillés sur la fiche de Guy Benarroche. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, les fiches de Jérémy Bacchi et de Marie-Arlette Carlotti, le suivi du projet de loi protection des enfants, la composition du nouveau Sénat, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.