Qui est Renaud Muselier ? Le portrait en 6 points
  • Sénateur des Bouches-du-Rhône depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre en deuxième position de la liste de la sénatrice sortante Brigitte Devesa : 581 voix, deux sièges sur huit.
  • Né le 6 mai 1959 à Marseille, il a 67 ans. Médecin de formation.
  • Président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur de mai 2017 au 28 septembre 2026. Il a quitté la présidence au lendemain de son élection, comme il s'y était engagé, et reste conseiller régional.
  • Ancien député des Bouches-du-Rhône (1993-2002 et 2007-2012), premier adjoint au maire de Marseille de 1995 à 2008, secrétaire d'État aux Affaires étrangères de 2002 à 2005, élu député européen en 2014.
  • Passé du RPR à l'UMP puis aux Républicains, qu'il quitte en novembre 2021, il adhère à Renaissance en 2022. Au Sénat, il siège pourtant au groupe Union centriste et indépendants (63 sénateurs), et non au groupe macroniste RDPI.
  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

Trois semaines après son entrée au Sénat, Renaud Muselier a choisi son premier combat : les casseurs. Le 21 octobre, quatre jours après les pillages et les incendies de mairies qui ont marqué la journée de mobilisation du 17 octobre, l'ancien président de la région Sud a interpellé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, lors des questions d'actualité au gouvernement : « Marseille saccagée, Marseille pillée ». Une semaine plus tard, il a voté avec son groupe le projet de loi « casseurs-payeurs », adopté par 229 voix contre 105. Portrait en données d'un sénateur d'un mois, ancien patron de région et ancien ministre.

1 question
d'actualité au gouvernement, sur les violences du 17 octobre ; aucun amendement déposé ni cosigné
45 sur 45
scrutins publics auxquels il a pris part, toujours comme la majorité du groupe centriste
20 heures
d'activité à l'agenda officiel du Sénat en neuf jours ; 55 des 64 nouveaux sénateurs en comptent plus

Le 17 octobre, son premier dossier

La journée de mobilisation du 17 octobre a dégénéré dans plusieurs villes. À Limoges, la mairie a été en grande partie détruite par un incendie, selon le préfet de la Haute-Vienne. À Marseille, des dizaines de manifestants ont forcé la porte de l'hôtel de ville avant d'être dispersés, et des commerces ont été pillés, rapporte l'AFP. Le Sénat réclamait déjà une doctrine contre les émeutes depuis celles de 2023.

Le 21 octobre, Renaud Muselier pose sa première question au gouvernement. Il rend hommage aux policiers blessés, s'en prend aux « Black Blocs, casseurs, émeutiers, pilleurs » et lance : « Certains souhaitaient la convergence des luttes ; ils ont eu la convergence des brutes ». Il demande surtout quelles consignes donner aux commerçants pour le 5 novembre, alors que « les prochaines manifs arrivent ». Le même jour, sur Public Sénat, il accuse le renseignement intérieur de ne pas avoir mesuré ce qui se préparait et se dit favorable au texte « casseurs-payeurs » : « ceux qu'on attrape, qu'ils payent ».

« Jeter une cheminée depuis un toit sur les forces de l'ordre, c'est une tentative d'homicide, pas un fait divers. »

Renaud Muselier, question d'actualité au gouvernement adressée au ministre de l'Intérieur, séance du Sénat du 21 octobre 2026.

Renaud Muselier
Renaud Muselier
Union centriste et indépendants
Bouches-du-Rhône, élu le 27 septembre

Ce texte, le Sénat l'a adopté dans la nuit du 27 au 28 octobre après l'avoir durci. Les participants à un attroupement violent deviennent solidairement responsables des dégâts, jusqu'à 10 000 euros par personne, même s'ils ne les ont pas commis eux-mêmes ; une partie des allocations familiales, des aides au logement et du RSA des responsables insolvables peut être saisie. Les centristes ont voté pour à 58 sur 61 votants, la gauche contre. Le texte doit maintenant passer à l'Assemblée nationale (notre article sur le vote). Une autre réponse aux émeutes de 2023, la taxe sur les contrats d'assurance, votée en février, n'est toujours pas appliquée.

Neuf ans de région, puis le Sénat

Renaud Muselier prend la tête de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en mai 2017, à la suite de Christian Estrosi. Réélu en 2021, il rompt quelques mois plus tard avec Les Républicains, puis rejoint Renaissance. Le 8 avril 2026, il annonce sa candidature aux sénatoriales et promet de quitter la présidence de la région s'il est élu.

L'accord d'union entre Les Républicains et Renaissance prévoyait une liste conduite par Brigitte Devesa (UDI), suivie de Renaud Muselier puis de la sénatrice Valérie Boyer. Celle-ci refuse la troisième place et monte sa propre liste, soutenue par Bruno Retailleau (notre portrait). Le 27 septembre, neuf listes se partagent les huit sièges. La droite divisée en obtient trois : deux pour la liste Devesa-Muselier, avec 581 voix, un pour Valérie Boyer. La gauche en prend trois, le RN deux, avec Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Renaud Muselier « remporte son pari… de peu », résume ICI Provence.

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, 27 septembre 2026 : voix par liste (huit sièges à la proportionnelle)
Jérémy Bacchi (union de la gauche)
1 008 (28 %, 3 sièges)
Marie-Pierre Callet (RN)
685 (19 %, 2 sièges)
Brigitte Devesa et Renaud Muselier (droite et centre)
581 (16 %, 2 sièges)
Valérie Boyer (LR)
395 (11 %, 1 siège)
Stéphane Ravier (extrême droite)
265 (7 %)
Jean-David Ciot (divers gauche)
249 (7 %)
Hervé Granier (divers droite)
201 (6 %)
Mireille Jouve (divers centre)
168 (5 %)
Michelle Blanchard Svoboda (LFI)
77 (2 %)

3 629 suffrages exprimés. La liste conduite par Brigitte Devesa, sur laquelle Renaud Muselier figurait en deuxième position, obtient deux sièges. Source : résultats publiés par le Sénat.

« Je resterai à la Région, quoi qu'il arrive. Ce n'est pas mon caractère de rester peinard. »

Renaud Muselier, à dix jours du scrutin sénatorial, cité par France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (17 septembre 2026).

Renaud Muselier
Renaud Muselier
Union centriste et indépendants
Bouches-du-Rhône, élu le 27 septembre

Le mandat de sénateur est incompatible avec une présidence de région. Renaud Muselier signe sa lettre de démission le soir même de l'élection et l'annonce le lendemain, selon franceinfo. Christian Estrosi assure l'intérim. Le 12 octobre, son successeur désigné, le maire de La Londe-les-Maures François de Canson, est élu président de la région avec 83 voix, sans concurrent. « Je lui confie volontiers les clés de cette belle maison », avait déclaré Renaud Muselier, cité par France 3. Il reste conseiller régional, chargé notamment des fonds européens et des Jeux olympiques d'hiver de 2030.

Discipline et présence : 45 votes sur 45, 20 heures à l'agenda

Renaud Muselier a choisi le groupe centriste présidé par Hervé Marseille plutôt que le groupe RDPI, où siègent les sénateurs de son parti. Il garde sa carte de Renaissance, indiquait Public Sénat le 1er octobre ; il avait toujours dit qu'il siégerait dans la majorité sénatoriale.

« Je suis dans la majorité sénatoriale, en soutien à Gérard Larcher. Et l'Union centriste a évolué, c'est l'UCI maintenant, pour Union centriste et indépendants. Ça me va très bien. »

Renaud Muselier, à propos de son choix de groupe, cité par Public Sénat (1er octobre 2026).

Renaud Muselier
Renaud Muselier
Union centriste et indépendants
Bouches-du-Rhône, élu le 27 septembre

Notre base compte 45 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 29 octobre. Renaud Muselier a pris part aux 45 : 19 fois pour, 26 fois contre, aucune abstention, toujours comme la majorité du groupe centriste. Après le sien, les groupes dont il est le plus proche sont Les Républicains et le RDPI (78 % de votes identiques chacun). Le plus éloigné est le groupe communiste (27 %).

45 votes exprimés
45 votes alignés (100 %)avec la position majoritaire du groupe centriste, du 13 au 29 octobre 2026
0 vote divergenttrop tôt pour mesurer une indépendance : 45 votes seulement
Ses 45 votes : part conforme à la position majoritaire de chaque groupe du Sénat (13-29 octobre 2026)
Union centriste (son groupe)
100,0 %
Les Républicains
77,8 %
RDPI (macronistes)
77,8 %
Les Indépendants
68,9 %
RDSE
51,1 %
Écologistes
46,7 %
UNT (RN)
44,4 %
Socialistes
33,3 %
Communistes
26,7 %

Le groupe RDPI réunit les sénateurs macronistes, dont ceux de Renaissance, le parti de Renaud Muselier. UNT : groupe des sénateurs RN. Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.

Deux votes illustrent cet alignement. Le 26 octobre, il vote contre le projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, rejeté par 181 voix contre 134, avec 58 centristes. Le 28 octobre, il vote contre le rétablissement de l'ordonnance de sûreté de l'enfant dans le projet de loi protection des enfants, comme 43 centristes ; 18 autres votent pour, et la mesure est rétablie par 171 voix contre 170.

Son taux de participation est de 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,2 %). Mais au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : ce taux ne mesure pas une présence. L'agenda officiel du Sénat lui attribue neuf jours et 20 heures d'activité depuis son élection : l'ouverture de la session et l'élection des instances, trois séances de questions d'actualité, l'éloge funèbre de François Patriat, le débat sur la Corse et quatre réunions de sa commission, dont une audition de ministres. C'est autant de jours que la médiane des 64 sénateurs entrés en octobre, mais beaucoup moins d'heures (33) : 55 d'entre eux en comptent plus, 7 moins. L'agenda ne le mentionne pas à la séance du 27 octobre au soir, où a été débattu le texte « casseurs-payeurs » : son vote, comme celui de nombreux sénateurs, a été émis par son groupe. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux.

Il n'a déposé ni cosigné aucun amendement et n'a posé aucune question écrite. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.

Ses chantiers

🧱
Vote pour, avec son groupe, dans la nuit du 27 au 28 octobre (229 voix contre 105). Le texte part à l'Assemblée nationale.
🚨
Sa première question au gouvernement, le 21 octobre, sur les pillages de Marseille et la protection des commerçants.
🏝️
Vote contre la réforme constitutionnelle, rejetée le 26 octobre par 181 voix contre 134.
🌍
Affaires étrangères et défense
L'ancien secrétaire d'État siège dans la commission qui examine cet automne les crédits de la défense et de l'action extérieure du budget 2027.
La nuance. Renaud Muselier a fait des casseurs le thème de son entrée au Sénat, sur Public Sénat comme dans l'hémicycle. Mais son seul acte personnel enregistré est une question d'actualité au gouvernement : pas d'amendement au texte « casseurs-payeurs », que le Sénat a pourtant largement durci, et pas de trace de sa présence à la séance où il a été débattu. Son vote pour, comme ses 44 autres votes, est celui de son groupe.

Parcours express

6 mai 1959
Naissance à Marseille. Il devient médecin.
1993
Élu député des Bouches-du-Rhône. Il le reste jusqu'en 2002, puis de 2007 à 2012.
1995
Premier adjoint au maire de Marseille, jusqu'en 2008.
2002-2005
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans les gouvernements Raffarin.
2014
Élu député européen.
Mai 2017
Devient président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ; réélu en 2021.
Novembre 2021
Quitte Les Républicains ; il rejoint Renaissance en 2022.
27 septembre 2026
Élu sénateur des Bouches-du-Rhône ; il quitte la présidence de la région le lendemain.
21 octobre 2026
Première question au gouvernement, sur les violences du 17 octobre.
27-28 octobre 2026
Vote, avec son groupe, le projet de loi « casseurs-payeurs ».

Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Renaud Muselier à mesure que le Sénat les publie ; sa fiche de député reste consultable. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, la fiche de Brigitte Devesa, le suivi du projet de loi « casseurs-payeurs », la composition du nouveau Sénat, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.