- Sénateur des Vosges depuis le 1er octobre 2020, réélu le 27 septembre 2026 dès le premier tour. Né le 19 juillet 1986 à Nancy, 40 ans.
- Maire de Remiremont à 30 ans : il emporte la municipale partielle de novembre 2016 avec 43 voix d'avance. Il quitte la mairie en octobre 2020, après son élection au Sénat, et reste conseiller municipal.
- Diplômé en droit et en management public à Nancy, il a enseigné à l'université de Lorraine de 2015 à 2017, selon sa déclaration à la HATVP. Le Sénat le présente comme responsable d'entreprise.
- Membre de l'UDI, il a siégé au groupe Union centriste pendant tout son premier mandat.
- Membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport. Il a présidé en 2021 la mission d'information du Sénat sur l'égalité des chances et l'émancipation de la jeunesse.
- Rapporteur de la loi du 13 avril 2023 sur la restauration des étudiants, et auteur de six propositions de loi qui n'ont jamais été examinées.
Dimanche 27 septembre, Jean Hingray a été réélu sénateur des Vosges dès le premier tour, avec 682 voix, soit 58,04 % des suffrages exprimés. L'autre sortant, le Républicain Daniel Gremillet, l'est aussi, avec 882 voix (75,06 %). Deux sièges étaient à pourvoir et chacun des 1 194 grands électeurs disposait de deux voix. Les cinq autres candidats sont restés loin : aucun n'a dépassé 18 %. En 2020, il avait fallu à Jean Hingray un second tour, gagné avec 612 voix. « Il y a un budget à faire voter dans quelques jours. Cela va être très compliqué parce qu'on est quand même au bord de la banqueroute », a-t-il déclaré à la radio ICI le soir du scrutin. Qu'a fait de son premier mandat ce centriste arrivé au Sénat à 34 ans ? Voici ses six ans en données.
L'université, son terrain : un amendement qui fâche, puis une loi
Jean Hingray entre au Sénat le 1er octobre 2020. Quatre semaines plus tard, il signe le coup d'éclat de son mandat. Le Sénat examine la loi de programmation de la recherche. Le nouveau sénateur dépose 24 amendements en premier auteur, plus de la moitié de tous ceux qu'il déposera en six ans. Onze sont adoptés. L'un d'eux, le n° 150, est voté dans la nuit du 28 au 29 octobre. Il dispense les maîtres de conférences titulaires d'être qualifiés par le Conseil national des universités (CNU) pour devenir professeurs. Il autorise aussi les universités à recruter, par dérogation, des maîtres de conférences sans cette qualification nationale. La ministre Frédérique Vidal le soutient. Seize collectifs et syndicats en demandent le retrait, et le CNU lance une pétition. La mesure reste dans le texte : c'est l'article 5 de la loi du 24 décembre 2020, que le Conseil constitutionnel a validé.
Son second fait d'armes est moins disputé. En 2021, il est nommé rapporteur de la proposition de loi de son collègue centriste Pierre-Antoine Levi, qui voulait créer un ticket restaurant étudiant. En commission, il réécrit l'article 1er pour viser les étudiants éloignés d'un restaurant universitaire. Le Sénat adopte le texte le 10 juin 2021, puis définitivement le 5 avril 2023, par 267 voix contre 0. La loi du 13 avril 2023 ouvre une aide mensuelle de 40 euros pour les boursiers et de 20 euros pour les autres, quand aucun restaurant universitaire n'est accessible. Elle profite à 65 000 étudiants, a indiqué le ministre Philippe Baptiste en lui répondant au Sénat le 8 janvier 2026.
« Nous avons tous vu ces images tout à fait désastreuses, qui sont loin de se limiter à la période du covid, de longues files d'étudiants faisant la queue pour chercher de la nourriture. »
Question orale sur la jeunesse, la ruralité et la vie étudiante, posée en séance le 8 janvier 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Il n'a pas lâché le sujet. Le 16 juin 2026, six semaines après la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, il réclame une compensation pour les collectivités qui organisent ces repas loin des Crous. Le coût réel d'un repas, dit-il, se situe « entre 7,50 euros et 9 euros ». L'argument n'est pas neuf chez lui. En juin 2021, déjà, il jugeait que le repas à 1 euro pour tous les étudiants, instauré pendant la crise sanitaire, « ne constitue pas un modèle économique viable », rapportait Public Sénat. Treize de ses questions s'adressent au ministère de l'enseignement supérieur. Il a aussi siégé en 2026 à la commission d'enquête du Sénat sur les universités.
Les Vosges à la tribune : la forêt, l'hôpital et le textile
Jean Hingray est d'abord un sénateur de questions. Il en a posé 178 en six ans. Parmi les 164 sénateurs en fonction sur tout le mandat, 28 seulement en ont posé davantage, et la médiane est à 75.
La première date du 8 octobre 2020, une semaine après son arrivée. Elle porte sur l'Office national des forêts, qui prévoit alors de fermer trois unités territoriales dans les Vosges, à Senones, Bruyères et Charmes.
« Le temps forestier n'est pas celui du temps politique, des effets d'annonces et de la communication. La forêt s'inscrit dans le temps long. »
Question écrite du 8 octobre 2020 sur le démantèlement de l'Office national des forêts. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le département revient dans la plupart de ses interventions : les stations thermales fermées pendant le Covid, les thermes de Plombières-les-Bains en liquidation, l'obligation des pneus neige en montagne, la correspondance TGV-TER de Saint-Dié-des-Vosges, fixée à quatre minutes en gare de Nancy. La santé pèse lourd. Le 19 juin 2025, il signale que les urgences de l'hôpital de Remiremont sont fermées la nuit « depuis plus de 500 jours ». Le 31 juillet 2025, il s'inquiète de la fermeture de l'antenne d'Épinal du centre de dépistage des cancers. Aucune de ces deux questions n'a reçu de réponse. Au total, 56 de ses 162 questions écrites sont restées sans réponse.
Reste le textile. Le 22 mai 2025, il demande au gouvernement où en est l'enquête de la répression des fraudes sur Shein. La réponse est arrivée près de seize mois plus tard : une amende de 40 millions d'euros pour pratiques commerciales trompeuses. En juin 2025, le Sénat examine la proposition de loi contre la fast fashion. Il dépose huit amendements. Trois sont adoptés. L'un d'eux introduit à l'école une sensibilisation à la consommation de vêtements. C'était l'objet d'une proposition de loi qu'il avait déposée en mars 2024 et que le Sénat n'a jamais examinée. La mesure figure dans la loi promulguée le 8 juillet 2026.
Le quatrième amendement a tourné autrement. Le n° 65 réécrivait l'article 2, qui prévoit une pénalité par produit pour la mode ultra-express : 5 euros en 2025 et jusqu'à 10 euros en 2030 dans la version examinée par le Sénat. Jean Hingray proposait de le remplacer par une feuille de route « Textile durable 2030 », négociée avec la filière.
« Loin d'encourager une forme de protectionnisme punitif ou de guerre commerciale, ma proposition veut établir une trajectoire commune, réaliste et exigeante […]. »
Défense de son amendement n° 65 à la proposition de loi sur l'industrie textile, séance du 2 juin 2025. Source : compte rendu intégral du Sénat.
La rapporteure Sylvie Valente Le Hir donne un avis défavorable. La ministre Agnès Pannier-Runacher lui demande de retirer son amendement. Il le maintient. L'écologiste Jacques Fernique prévient que l'article 2 « serait alors vidé de sa substance ». La commission demande un scrutin public. Résultat : 340 voix contre, 1 pour, la sienne. Huit jours plus tard, il vote l'ensemble de la proposition de loi, adoptée par 337 voix contre 1. La loi promulguée a gardé les pénalités par produit.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, fenêtre commune à tous les sénateurs de notre base, Jean Hingray a voté 848 fois sur 867 comme la majorité du groupe Union centriste, soit 97,8 %. La médiane du groupe est à 96,1 %. Sur 58 centristes comparables, sept seulement sont plus alignés que lui.
Sur six ans, ses écarts sont rares mais ils ont un point commun : ils portent sur les libertés et sur la santé. Le 27 janvier 2021, il vote contre la prorogation de l'état d'urgence sanitaire, avec six autres centristes, quand 44 l'approuvent. Le 15 janvier 2022, il vote contre le projet de loi qui crée le passe vaccinal, adopté par 187 voix contre 66. Le 19 octobre 2022, il est l'un des 15 centristes à voter pour inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution, alors que 33 votent contre et que le Sénat rejette le texte par 172 voix contre 139. Le 9 novembre 2022, il soutient l'amendement d'Hervé Maurey qui voulait limiter l'installation des médecins dans les zones déjà bien dotées : 16 centristes pour, 40 contre, et un rejet par 193 voix contre 81.
Sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, sa position se lit moins bien. Le 21 janvier 2026, il vote l'article 4, qui fixe les conditions d'accès. Le Sénat le rejette par 144 voix contre 123. Le 28 janvier, il vote pour l'ensemble du texte réécrit par les sénateurs, repoussé par 181 voix contre 122. Son groupe se coupe en deux : 24 pour, 24 contre, 11 abstentions. Ses deux amendements, qui demandaient une formation des soignants, ne sont pas discutés. Le 11 mai, en deuxième lecture, il ne prend part à aucun des 14 scrutins du jour. Le 7 juillet, il vote la question préalable par laquelle le Sénat renonce à débattre du texte, à 169 voix contre 164.
La participation est son point faible. Il a pris part à 1 506 des 1 575 scrutins publics de son mandat, soit 95,6 %. Le vote par délégation tire tous les taux du Sénat vers le haut : la médiane des 164 sénateurs en fonction sur toute la période est à 99,3 %, et 160 d'entre eux font mieux que lui. Ses 69 scrutins manqués se concentrent sur trois textes : 20 sur l'aide à mourir, 15 sur la loi de bioéthique en février 2021, 6 sur une proposition de loi contre les déserts médicaux en décembre 2022. L'agenda officiel du Sénat lui compte 394 jours de présence et 1 642 heures de réunions et de séances depuis octobre 2020, dont 52 jours sur les douze derniers mois. La médiane des sortants réélus le 27 septembre est de 423 jours, comme nous l'avons calculé au lendemain du scrutin. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, rapports : retrouvez toute l'activité de Jean Hingray sur sa fiche NosParlementaires, les résultats complets du département sur notre page des sénatoriales dans les Vosges, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.