- Sénateur du Finistère depuis le 1er octobre 2014, réélu en 2020 puis le 27 septembre 2026. Né le 14 décembre 1960 à Pont-l'Abbé, 65 ans.
- Maire de Plonéour-Lanvern pendant vingt-cinq ans (1992-2017), conseiller général du canton de Plogastel-Saint-Germain (1992-2014), président de la communauté de communes du Haut Pays Bigouden (2004-2017). Il a quitté la mairie en 2017 au titre du non-cumul des mandats et reste conseiller municipal.
- Centriste de toujours : UDF, puis MoDem, puis Alliance centriste depuis 2009. Il était tête de liste UDI en 2014.
- Au Sénat, il siège au groupe Union centriste. Il est vice-président de la commission des finances et rapporteur spécial des crédits de l'aide publique au développement.
- Vice-président de la délégation sénatoriale aux entreprises, et l'un des trois rapporteurs du projet de loi sur la cybersécurité, que l'Assemblée nationale examine à partir du 7 octobre.
- Sa liste a recueilli 806 voix dimanche : deux fois plus qu'à sa première élection, en 2014.
Dimanche 27 septembre, la liste « Agissons pour le Finistère » de Michel Canévet a recueilli 806 voix sur 2 314 suffrages exprimés, soit 34,8 %. Elle garde deux des quatre sièges du département : le sien et celui de Nadège Havet, qui siège au groupe macroniste RDPI. Aucune des neuf autres listes n'a dépassé 17,4 %. Les deux autres sièges changent de titulaire : la socialiste Forough Dadkhah succède à Jean-Luc Fichet, qui ne se représentait pas, et le divers droite Patrick Leclerc prend celui de Philippe Paul (Les Républicains), battu. Pour le sénateur centriste, c'était la quatrième candidature et ce sera le troisième mandat : 290 voix en 2008, sans siège, puis 401 en 2014, 639 en 2020 et 806 cette année. Qu'a-t-il fait des six ans qui viennent de s'écouler ? Voici son mandat en données.
Un sénateur du budget : 397 amendements sur six lois de finances
Michel Canévet est d'abord un homme de la commission des finances, dont il est vice-président. Depuis octobre 2020, il a déposé 1 111 amendements en premier auteur. Parmi les sénateurs élus comme lui en 2020, seuls trois en ont déposé davantage. Plus d'un tiers de ces amendements, 397, portent sur les six projets de loi de finances du mandat, et 85 de ceux-là ont été adoptés. Son pic date du budget 2025 : 140 amendements, 37 adoptés.
Sa ligne est celle de la dépense contenue, y compris quand elle l'isole. Le 4 décembre 2025, pendant l'examen du budget 2026, il défend un amendement qui supprime le Pass'Sport, soit 39,2 millions d'euros retirés au programme « Sport ». Le scrutin public donne 1 voix pour et 323 contre. La voix pour est la sienne. Les 57 autres votants de son groupe se prononcent contre.
« Dans le contexte budgétaire actuel, les politiques nationales doivent se concentrer sur l'essentiel et éviter toute redondance avec les politiques menées par les collectivités territoriales. Il apparaît nécessaire de rationaliser l'action publique. »
Exposé des motifs de son amendement n° II-549 au projet de loi de finances pour 2026, qui proposait de supprimer le Pass'Sport. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Depuis 2020, il est aussi rapporteur spécial des crédits de l'aide publique au développement, avec Raphaël Daubet (RDSE). La majorité de ses 26 rapports portent sur cette mission. Le dernier, remis le 1er juillet 2026, contrôle l'aide française en matière de santé mondiale : plus de 9,5 milliards d'euros investis entre 2018 et 2024, et un volume « fortement » en recul depuis 2023. Un autre, en octobre 2025, examinait la place des questions migratoires dans la politique de développement. Là encore, il plaide pour la rigueur. Le 9 décembre 2025, il vote la baisse supplémentaire de crédits proposée par le rapporteur général Jean-François Husson, de 200 millions d'euros selon Public Sénat, que le Sénat rejette par 217 voix contre 123 et que la majorité des centristes refuse. « Dans un contexte budgétaire dégradé, il n'est pas illégitime de s'interroger sur le volume et la qualité de nos dépenses », déclare-t-il en séance, cité par Public Sénat.
Entreprises : le rapporteur écouté, l'amendeur peu suivi
Son second terrain est l'entreprise. Vice-président de la délégation sénatoriale aux entreprises, il a signé en juin 2025 le rapport « Assurances et énergie : coup sur coût pour nos entreprises ? ». Il a aussi été vice-président de la commission spéciale sur le projet de loi de simplification de la vie économique, promulgué le 26 mai 2026 et que l'Assemblée n'a adopté que grâce aux voix du RN. Il y a déposé 90 amendements en commission et en séance. Six ont été adoptés, et 52 ont été déclarés irrecevables avant d'être discutés.
Le contraste est net avec le texte dont il était rapporteur. Sur le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et à la cybersécurité, qui transpose la directive européenne NIS 2, il signe le rapport de la commission spéciale avec Patrick Chaize et Hugues Saury. Ses 13 amendements sont tous adoptés, et le Sénat vote le texte le 12 mars 2025. L'Assemblée l'a ensuite laissé attendre plus d'un an. Les députés doivent enfin l'examiner en séance à partir du mercredi 7 octobre.
Cette proximité avec les milieux économiques lui a valu une mise en cause. En décembre 2021, Mediapart révèle que des amendements déposés par Nadège Havet et lui sur la proposition de loi protégeant les lanceurs d'alerte reprennent des rédactions suggérées par l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires. Il en a déposé trois en commission, dont un a été adopté. Il assume. « Pour m'inspirer de la rédaction des amendements, j'ai pris conseil auprès d'un certain nombre d'organisations professionnelles », répond-il à France Bleu en janvier 2022.
Le Finistère à la tribune : la baie d'Audierne, les ambulanciers et le tilde de Fañch
Ses questions dessinent un autre sénateur, plus proche du maire qu'il a été. Il en a posé 228 en six ans. Sur les 193 questions écrites, 120 ont reçu une réponse.
La santé et l'économie dominent, mais c'est la mer qui donne ses interventions les plus locales. En mars 2023, il interroge le gouvernement sur le devenir de la pêche au chalut. Le 11 juin 2026, il revient à la charge sur l'extension des aires marines protégées, qui touche la baie d'Audierne, « un secteur que je connais particulièrement bien ».
« C'est un endroit où une réserve naturelle régionale doit être instituée par les collectivités locales. Or les élus nous disent ne pas avoir été consultés et avoir découvert, avec stupéfaction, l'extension de l'aire marine protégée. »
Question d'actualité au gouvernement du 11 juin 2026 sur la délimitation des aires marines protégées, à propos de la baie d'Audierne. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Un mois plus tard, le 9 juillet, il relaie la grève des ambulanciers en citant une entreprise de sa commune : « dans ma commune, les ambulances Failler mutualisent plus de 20 % des transports qu'elles effectuent ».
« Les ambulanciers ont des difficultés pour équilibrer leurs comptes, notamment parce que les tarifs de la garde n'ont pas été revalorisés depuis 2018. Ils ne sont pas entendus par le Gouvernement. »
Question d'actualité au gouvernement du 9 juillet 2026 sur la situation des ambulanciers. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Vingt de ses questions s'adressent au ministère de la justice, et six d'entre elles portent sur le même sujet : la reconnaissance à l'état civil du tilde, ce signe que porte le prénom breton Fañch, refusé en 2017 par le tribunal de grande instance de Quimper. Il avait déjà posé au moins trois questions sur ce point pendant son premier mandat. La dernière, une question orale de novembre 2024, rappelle que la circulaire de 2014 qui liste les signes admis « n'a toujours pas été modifiée ». « Le tilde fait bel et bien partie de la langue française ! », lance-t-il en séance. Son dernier acte avant le scrutin date du 3 septembre : une question écrite sur les buvettes des clubs sportifs amateurs, limitées à cinq autorisations par an. Le 31 juillet, il a cosigné la proposition de loi de Nadège Havet sur les communes insulaires sans lien permanent avec le continent. Le Finistère en compte quatre : Batz, Molène, Ouessant et Sein.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, fenêtre commune à tous les sénateurs de notre base, Michel Canévet a voté 812 fois sur 875 comme la majorité du groupe Union centriste, soit 92,8 %. C'est le neuvième taux le plus bas des 59 centristes comparables, dont la médiane est à 95,9 %.
Vingt-cinq de ces 63 écarts tombent sur les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale. Les autres tiennent à des votes de conscience ou à des positions isolées. Le 18 décembre 2023, il est l'un des deux seuls sénateurs, avec Christine Herzog, à voter contre la prolongation de l'usage des titres-restaurant pour les courses alimentaires, adoptée par 322 voix. Le 15 février 2024, il est l'un des trois centristes à voter la proposition de loi socialiste sur la santé des femmes au travail, qui créait un arrêt pour règles douloureuses et que le Sénat rejette. Le 28 février 2024, il vote contre l'inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l'IVG, avec six autres membres de son groupe, quand le Sénat l'adopte par 267 voix contre 50. Cinq jours plus tard, au Congrès de Versailles, il approuve la révision : Public Sénat le cite parmi les sénateurs qui ont changé de vote entre les deux scrutins.
Sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, il est plus souvent absent que divergent. Il n'a pris part qu'à 8 des 29 scrutins publics du Sénat sur ce texte. Le 11 mai 2026, il vote pour l'article 2, rejeté par 151 voix contre 118, quand seuls cinq autres centristes font de même.
Côté participation, il a pris part à 1 537 des 1 575 scrutins publics de son mandat, soit 97,6 %. La médiane des sénateurs est à 99,0 % : le vote par délégation tire les taux du Sénat vers le haut, et ses 38 scrutins manqués le placent dans la seconde moitié du classement. Vingt et un de ces 38 scrutins portent sur l'aide à mourir. L'agenda officiel du Sénat donne une autre image : 552 jours de présence et 3 324 heures de réunions et de séances depuis octobre 2020, dont 79 jours sur les douze derniers mois. C'était le sixième total des 159 sortants que nous avions comparés avant le scrutin. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, rapports : retrouvez toute l'activité de Michel Canévet sur sa fiche NosParlementaires, les résultats complets du département sur notre page des sénatoriales dans le Finistère, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.