- Sénateur Les Républicains de Seine-et-Marne depuis le 1er décembre 2016. Il succède alors à Michel Houel, décédé la veille. Réélu en 2017 puis le 24 septembre 2023, il siège jusqu'en 2029.
- Né le 23 mars 1944, il a 82 ans : c'est le doyen d'âge des 348 sénateurs, dont l'âge médian est de 61 ans. Le deuxième plus âgé a près de quatre ans de moins que lui.
- Agriculteur à Aubepierre-Ozouer-le-Repos, où il s'est installé en 1965 : céréales, betteraves sucrières, pommes de terre. Il a été maire de la commune de 2008 à 2017.
- Ancien président de la FDSEA et de la chambre d'agriculture de Seine-et-Marne, il a présidé les interprofessions des oléagineux et des protéagineux et porté le développement des biocarburants à partir des années 1990.
- Au Sénat, il siégeait jusqu'ici à la commission des affaires économiques et à celle des affaires européennes. Les commissions du nouveau Sénat sont constituées cette semaine.
- Il est le gendre d'Étienne Dailly, sénateur de Seine-et-Marne de 1959 à 1995 et longtemps vice-président du Sénat.
Jeudi 1er octobre, à 15 heures, c'est lui qui a ouvert la session. Pierre Cuypers, 82 ans, sénateur Les Républicains de Seine-et-Marne, est le doyen d'âge du nouveau Sénat. Le règlement lui confiait la présidence de la première séance, entouré des six plus jeunes élus, dont Mathilde Ollivier, 32 ans. Peu avant 17 heures, il a proclamé la réélection de Gérard Larcher, qui l'a remercié de ses recommandations, formulées « en terrien qu'il est ». Dans son allocution, l'agriculteur a cité une maxime de Richelieu qu'il dit avoir faite sienne « il y a longtemps » : « Parler peu, écouter beaucoup, et agir surtout. » Près de dix ans de mandat permettent de vérifier les trois termes. En données.
« Pour ma part, je reste cet homme de la terre, attaché à son pays et à ceux qui le font vivre. Les années m'ont appris la patience, mais elles ne m'ont pas appris à me résigner. »
Allocution du président d'âge, séance du 1er octobre 2026. Source : compte rendu intégral du Sénat.
Agir : le rapporteur des deux lois agricoles
Depuis octobre 2017, début de nos données pour le Sénat, Pierre Cuypers a déposé 187 amendements en premier signataire, dont 67 ont été adoptés, et il en a cosigné 3 741 autres. Deux textes concentrent son bilan. Fin 2024, la commission des affaires économiques le nomme rapporteur de la proposition de loi « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », déposée par Laurent Duplomb et Franck Menonville. Il signe 16 amendements, 9 en commission et 7 en séance. Tous sont adoptés.
Parmi eux, l'amendement n° 112, déposé le 27 janvier 2025, réécrit le cœur du texte : un décret pourra, « à titre exceptionnel », déroger à l'interdiction des néonicotinoïdes, en vigueur depuis 2018. Le Sénat adopte la proposition de loi le jour même, par 233 voix contre 109. Pierre Cuypers est encore le rapporteur du Sénat en commission mixte paritaire, et les sénateurs votent le texte final le 2 juillet 2025 par 232 voix contre 102. Le 7 août, le Conseil constitutionnel censure la dérogation, qu'il juge insuffisamment encadrée. La loi du 11 août 2025 est promulguée sans elle.
Dix mois plus tard, il recommence. Corapporteur, avec les deux mêmes sénateurs, du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, il est le premier signataire de l'amendement COM-112, déposé le 10 juin 2026. Le texte dit prendre « en compte les observations formulées par le juge constitutionnel ». Il crée trois dérogations : l'enrobage des semences de betteraves sucrières au flupyradifurone, pour un an renouvelable deux fois ; un usage d'urgence de l'acétamipride ou du flupyradifurone sur la betterave, pour un an ; un troisième régime pour la cerise, la pomme et la noisette. Devenu l'article 2 quater, il est voté en séance le 29 juin 2026 par 183 voix contre 129.
Dans la version définitive de la loi, la décision d'accorder une dérogation revient à l'agence sanitaire, l'Anses. Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel valide cette fois le principe, avec deux réserves : l'agence peut limiter le périmètre géographique de chaque dérogation, et son silence au bout de deux mois vaut refus. Les 15 amendements que Pierre Cuypers a signés en tête sur ce texte, avec les deux autres rapporteurs, ont tous été adoptés. Ils touchent aussi aux importations, au foncier agricole et à la protection des troupeaux contre le loup.
Hors de ces deux lois, le rendement est plus ordinaire : 17 amendements adoptés sur 46 lors des débats budgétaires, 15 sur 72 sur les autres textes. Depuis octobre 2023, il a déposé 85 amendements en premier signataire, un volume dans la médiane des 313 sénateurs qui ont siégé sur toute la période (86). Il en a fait adopter 39, quand la médiane est à 16.
Betteravier et législateur
Ces dérogations visent d'abord une culture, la betterave sucrière, et Pierre Cuypers la connaît de près. En 2020, il racontait au Betteravier français avoir acheté son premier quota à 23 ans, 100 tonnes, et conduire encore son exploitation avec son épouse et un salarié. En janvier 2023, le même journal le présente comme « betteravier en Seine-et-Marne et administrateur de la CGB », la Confédération générale des planteurs de betteraves. Sa déclaration d'intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique mentionne son activité d'exploitant agricole. Le 17 juin 2026, jour où la commission adopte son amendement, Le Monde titre sur « la double casquette de Pierre Cuypers, betteravier et sénateur LR qui pousse depuis des années en faveur des néonicotinoïdes ».
Ses questions au gouvernement montrent la même constance. Quatre portent sur la betterave et le sucre : la fermeture des sucreries de Cagny et d'Eppeville en juin 2019, la crise sanitaire de la betterave puis l'avenir de la filière en 2020. Et, le 25 janvier 2023, six jours après l'arrêt de la justice européenne qui met fin aux dérogations françaises, une question d'actualité au ministre de l'Agriculture.
« Jeudi 19 janvier, jour funeste pour l'agriculture française, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a décidé de rendre illégales les dérogations prévues pour la filière betteravière sur l'utilisation des néonicotinoïdes. »
Question d'actualité au gouvernement, séance du 25 janvier 2023. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le ministre, Marc Fesneau, commence sa réponse ainsi : « Monsieur le sénateur Cuypers, vous connaissez très bien ce sujet. » L'intéressé assume. Interrogé par l'Association des maires d'Île-de-France après la promulgation de la loi d'urgence agricole, il récuse jusqu'au vocabulaire : « On parle sans cesse de pesticides mais je préfère parler de produits destinés à protéger la santé et le développement des plantes. » Et il résume sa ligne : « Tant qu'il n'y a pas d'alternative, il faut permettre aux agriculteurs de protéger leurs cultures. »
Le même rapporteur a fait échouer le texte inverse. Le 10 décembre 2025, la commission rejette sur son rapport la proposition de loi écologiste sur la protection des riverains exposés aux pesticides de synthèse. Huit jours plus tard, le Sénat en supprime les articles 1er et 2 par 233 voix contre 105.
Parler peu : 7 questions en trois ans
Sur ce terme de la maxime, les chiffres sont nets. Pierre Cuypers a posé 33 questions au gouvernement depuis octobre 2017 : 16 écrites, 11 d'actualité et 6 orales. Depuis octobre 2023, il en a posé 7. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 31, et 280 d'entre eux en ont posé davantage que lui. Ses 17 questions posées en séance ont toutes reçu une réponse. Sur ses 16 questions écrites, 7 n'en ont pas reçu.
Treize questions sur 33 portent sur l'agriculture : les États généraux de l'alimentation dès octobre 2017, les retraites agricoles, le prix de l'azote, la méthanisation, les producteurs de pommes de terre. Deux portent sur la chasse, dont celle sur le plomb dans les munitions et celle sur le gibier d'eau, en 2025. Quand il prend la parole, c'est souvent pour sa plaine. Le 24 janvier 2024, à six mois des Jeux olympiques, il interpelle le Premier ministre sur la fermeture de la Seine à la navigation, alors que le fleuve achemine les céréales franciliennes vers le port de Rouen.
« Une solution a bien été proposée par la haute administration : elle consiste à décaler les moissons et les récoltes ! Pour un peu, la technocratie nous proposerait de décaler l'été ! »
Question d'actualité au gouvernement sur le transport des céréales sur la Seine pendant les Jeux olympiques, séance du 24 janvier 2024. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, le Sénat a tenu 909 scrutins publics. Pierre Cuypers est compté dans les 909, soit 100 % de participation, comme 41 autres des 313 sénateurs comparables. La médiane est à 98,5 %. Ce taux mesure peu la présence : lors d'un scrutin public, chaque groupe dépose les bulletins de ses membres, présents ou non. Il rend en revanche les écarts lisibles, puisqu'un vote différent de celui du groupe est un choix déclaré.
Ces 16 écarts dessinent une ligne. Le 28 février 2024, Pierre Cuypers est l'un des 50 sénateurs qui votent contre l'inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l'IVG, adoptée par 267 voix. En mars 2025, il vote contre trois articles du texte qui étend le scrutin de liste paritaire aux petites communes. Avant 2023, nos données relèvent 21 autres écarts sur 1 221 votes, dont son vote contre la loi étendant le passe sanitaire, le 25 juillet 2021, et son vote contre l'interdiction des thérapies de conversion, le 7 décembre 2021, adoptée par 305 voix contre 28.
Neuf des 16 écarts récents portent sur l'aide à mourir. C'est aussi, de loin, le texte qu'il a le plus amendé hors de ses rapports : 38 amendements en 2026. En janvier, quatre des onze qu'il dépose sont adoptés. Ils réécrivent autant d'articles autour de l'information du patient, de l'accès aux traitements, de la réversibilité des décisions et d'une médiation, sans recours à une substance létale. Le 21 janvier, il vote contre l'article 4, qui fixe les conditions d'accès, quand la majorité de son groupe vote pour. En mai, en deuxième lecture, 23 de ses 27 amendements deviennent sans objet. Le 7 juillet, il vote la question préalable par laquelle le Sénat refuse de débattre du texte une dernière fois, à 169 voix contre 164. L'Assemblée nationale a eu le dernier mot, et la loi a été validée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026.
La présence se mesure autrement. L'agenda officiel du Sénat lui compte 201 jours de présence depuis octobre 2023, en séance, en commission ou en délégation. C'est exactement la médiane des 313 sénateurs comparables : 154 en comptent davantage, 156 en comptent moins. Sur les douze derniers mois, il totalise 70 jours et 354 heures de séances et de réunions. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Le doyen a d'ailleurs rappelé l'usage à ses collègues, le 1er octobre : « Dans cette Haute Assemblée, on ne prend pas la parole, on la demande. »
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, rapports : retrouvez toute l'activité de Pierre Cuypers sur sa fiche NosParlementaires, lisez le portrait de Laurent Duplomb et celui d'Aymeric Durox, autre sénateur de Seine-et-Marne, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.