- Sénateur de la Dordogne depuis octobre 2020, membre du Parti socialiste. Réélu le 27 septembre 2026 dès le premier tour, pour un second mandat de six ans.
- Né le 14 février 1952 à Bergerac, 74 ans. Retraité, il a fait carrière à la chambre d'agriculture de la Dordogne, où il est entré en 1974 et dont il a été directeur adjoint, selon sa biographie sur Wikipédia.
- Maire de Saint-Agne pendant 31 ans, de 1989 à 2020. Il reste conseiller municipal de la commune et conseiller départemental du canton de Lalinde, où il siège depuis 2004.
- Ancien président du service départemental d'incendie et de secours de la Dordogne et ancien vice-président de la communauté de communes Bastides Dordogne-Périgord, deux fonctions quittées en 2020 d'après sa déclaration à la HATVP.
- Au Sénat, il a siégé six ans au groupe Socialiste, Écologiste et Républicain et à la commission des affaires économiques. Il a été vice-président de la commission spéciale sur le projet de loi de simplification de la vie économique.
- Il a signé deux rapports, sur la compétitivité de l'agriculture française (2022) et sur la filière bois (2025), et déposé trois propositions de loi depuis juillet 2025.
Dimanche 27 septembre, Serge Mérillou a été réélu sénateur de la Dordogne dès le premier tour : 667 voix sur 1 259 suffrages exprimés, soit 52,98 %, pour une majorité absolue fixée à 630. C'est quatre voix de plus qu'en 2020. La communiste Marie-Claude Varaillas, avec qui il partageait un bulletin commun, passe elle aussi au premier tour avec 635 voix. En 2020, elle avait dû attendre le second. Le dépouillement a pourtant duré plus de trois heures. La préfecture a déclaré nuls les bulletins communs que des grands électeurs avaient découpés au lieu d'y rayer un nom. Au total, 85 bulletins ont été annulés. « C'est scandaleux ! Le libre choix de l'électeur n'est pas respecté », a lancé le sénateur, cité par ICI Périgord. La préfecture a regretté dans un communiqué « le comportement anti-républicain de certains candidats ». Que fait Serge Mérillou de son siège ? Ses votes, ses amendements et ses questions décrivent un élu rural très discipliné, plus souvent entendu sur l'élevage et la forêt que présent à l'agenda du Sénat.
« Je crois que ces résultats sont conformes au travail que nous avons fait sur le terrain, avec une campagne unitaire et quand on est unis, on gagne. »
À France 3 Nouvelle-Aquitaine, le soir de sa réélection, dimanche 27 septembre 2026.
876 scrutins sur 909 : le chiffre d'un groupe
Depuis octobre 2023, le Sénat a tenu 909 scrutins publics. Serge Mérillou a pris part à 876 d'entre eux, soit 96,4 %. Le taux paraît élevé. Il le place pourtant dans la seconde moitié du classement : parmi les 313 sénateurs qui pouvaient voter à chacun de ces scrutins, la médiane est à 895, et 196 ont voté davantage que lui.
L'explication est collective. Lors d'un scrutin public au Sénat, chaque groupe dépose les bulletins de ses membres, présents ou non. Le total de Serge Mérillou est donc d'abord celui des socialistes : neuf autres sénateurs du groupe affichent exactement 876 votes, et trois seulement sur 62 en comptent plus. Les 33 scrutins qui lui manquent le confirment.
Vingt-huit datent d'une seule journée. Le dimanche 1er décembre 2024, le gouvernement et la commission des finances obtiennent une seconde délibération sur la partie recettes du budget 2025, pour revenir sur des amendements adoptés les jours précédents. Les sénateurs socialistes, écologistes et communistes quittent l'hémicycle. Aucun socialiste ne vote non plus sur une motion du 15 mai 2025 contre la proposition de loi sur l'autoroute A69, sur les crédits de la mission « Outre-mer » le 4 décembre 2025 et sur la question préalable opposée au budget 2026 le 29 janvier 2026. Le 14 décembre 2023, sur le rétablissement de la réserve parlementaire, 49 socialistes sur 64 ne prennent pas part au vote.
Il reste un scrutin où son groupe vote sans lui. Le 10 juin 2025, le Sénat adopte par 337 voix contre 1 la proposition de loi contre la « fast fashion ». Soixante-trois socialistes votent pour. Son nom figure parmi ceux qui n'ont pas pris part au vote, avec cette mention au compte rendu du Sénat : il « aurait souhaité voter pour ».
L'agriculture et la forêt : deux rapports, et un texte écrit avec Laurent Duplomb
Son terrain, c'est l'économie rurale. En septembre 2022, il signe avec Laurent Duplomb (Les Républicains) et Pierre Louault (Union centriste) un rapport sur la compétitivité de la « ferme France ». Les trois sénateurs en tirent une proposition de loi, déposée le 14 février 2023. Le Sénat l'adopte le 23 mai 2023 par 210 voix contre 94. Serge Mérillou, coauteur du texte, s'abstient : il a voté contre deux de ses articles pendant l'examen. Le texte a été transmis à l'Assemblée nationale, qui ne l'a pas examiné.
La suite l'éloigne de son ancien corapporteur. En 2025, il vote contre la loi d'orientation agricole, puis, le 2 juillet, contre la loi sur les « contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur » portée par Laurent Duplomb, adoptée par 232 voix contre 102. Le 21 juillet 2026, il vote encore contre la loi d'urgence agricole, adoptée par 214 voix contre 111. Sur la loi d'orientation et sur la loi d'urgence, il a déposé 21 amendements. Onze ont été déclarés irrecevables, un seul a été adopté.
Ses interventions en séance portent sur l'élevage. Le 30 octobre 2024, il interroge le gouvernement sur l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur. Le 29 octobre 2025, il l'interpelle sur la grippe aviaire et la dermatose nodulaire des bovins, et demande une école vétérinaire consacrée à l'élevage à Limoges. Un mois plus tôt, il avait déposé une proposition de loi sur la santé animale. Il y revient dans une question de mai 2026 sur la tuberculose bovine en Dordogne, puis dans une question orale sur le manque de vétérinaires ruraux.
« Madame la ministre, nous faisons face non pas à de simples maladies du vivant, mais aux failles d'un modèle confronté au dérèglement climatique. Engagerez-vous enfin une vraie politique sanitaire, durable et préventive ? »
Question d'actualité au gouvernement sur les épizooties, séance du 29 octobre 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le second rapport date du 9 juillet 2025. Avec la centriste Anne-Catherine Loisier, il présente à la commission des affaires économiques « Une filière qui sort du bois », sur la compétitivité de la filière bois française. Le rapport défend la construction en bois, l'investissement dans les scieries et une meilleure répartition de la ressource entre ses usages. Il sert d'appui à plusieurs de ses amendements au budget suivant.
91 amendements, neuf adoptés
Serge Mérillou a déposé 91 amendements en premier auteur depuis octobre 2023, et en a cosigné 2 928 avec son groupe. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 86, celle des socialistes à 90. Près des deux tiers visent les budgets : 33 sur les projets de loi de finances, 23 sur ceux de la Sécurité sociale.
Neuf ont été adoptés, soit 9,9 %. Sur la même période, 24 % des amendements déposés au Sénat l'ont été, et 12,5 % de ceux des sénateurs socialistes, qui siègent dans l'opposition. Quarante-deux ont été rejetés, sept retirés, six sont tombés, cinq n'ont pas été soutenus. Et 22 ont été déclarés irrecevables, c'est-à-dire écartés avant tout débat : 24 % des siens, contre 13 % pour l'ensemble du Sénat.
Quatre des neuf amendements adoptés l'ont été dans le budget 2026. Le plus remarqué, le 1er décembre 2025, porte de 2 à 5 euros la taxe sur les petits colis importés de pays hors de l'Union européenne. Le Sénat a voté ce jour-là cinq amendements en ce sens, dont celui du rapporteur général du budget, contre l'avis du gouvernement. Celui de Serge Mérillou s'appuie sur son rapport sur le bois : il cite la part du meuble français sur le marché national, passée de 77 % à 37 % depuis 2000. Un autre prolonge jusqu'à la fin de 2028 la TVA à 10 % sur les travaux forestiers. Un troisième permet aux communes de limiter la taxe sur les friches commerciales au périmètre d'une opération de revitalisation. Le dernier assouplit le lien entre la taxe foncière et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, en citant Périgueux et Bergerac.
Les autres touchent les mêmes sujets. Dans le budget 2025, la dotation des petites communautés de communes au faible potentiel fiscal. Dans le budget 2026 de la Sécurité sociale, une taxe sur les laboratoires qui retardent de plus d'un an l'arrivée d'un médicament générique. Dans la loi d'urgence agricole, un rapport sur la rémunération des vétérinaires chargés de la prophylaxie obligatoire. Deux ont été adoptés en commission : l'un supprime un article du projet de loi de simplification sur les marchés des bailleurs sociaux, l'autre crée une expérimentation pour réhabiliter les logements sociaux des zones peu denses.
70 questions, de la papeterie de Condat aux falaises d'Excideuil
Il a posé 70 questions en trois ans : 63 écrites, 4 orales et 3 d'actualité. C'est plus du double de la médiane des 313 sénateurs comparables, qui est à 31, et seuls 62 en ont posé davantage. Onze sont des questions restées sans réponse qu'il a redéposées à l'identique le 3 octobre 2024. Au total, 39 de ses 63 questions écrites ont reçu une réponse.
Beaucoup partent d'un dossier de son département. En septembre 2025, il alerte sur les Papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare, où 202 emplois sont alors menacés. Il interroge le gouvernement sur la fermeture de deux sites d'Enedis, sur l'état de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, sur les postes au Capes d'occitan. Six questions défendent le financement des conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement.
Un sujet revient plus que les autres : les risques naturels. Dès octobre 2023, il dénonce le manque de transparence de la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Il y revient par deux questions orales, sur le retrait-gonflement des argiles, qui fissure les maisons, puis sur les données météorologiques retenues pour instruire les dossiers. Le 29 octobre 2024, il vote la proposition de loi sur l'équilibre du régime d'indemnisation, adoptée par 305 voix contre 0. Il a dit à Dordogne Libre, le 11 septembre, vouloir modifier cette procédure pendant son second mandat : « Le système est trop injuste. »
L'ancien président des pompiers du département intervient aussi sur les incendies. Le 24 juin 2026, il pose une question d'actualité sur les feux de forêt et la flotte de Canadair, un dossier que nous avons suivi du côté de l'Assemblée. Le ministre de l'intérieur lui répond. Un mois plus tard, après des départs de feu dans la forêt de la Double, il demande comment sont indemnisés les agriculteurs qui prêtent leurs tracteurs et leurs citernes aux pompiers. Cette question n'a pas encore de réponse.
« D'abandon en renoncement, seulement deux Canadair ont été commandés, tandis que deux autres viennent à peine de l'être, le 4 juin dernier. Ces Canadair ne seront livrés qu'en 2032, soit dix ans après l'annonce présidentielle. »
Question d'actualité au gouvernement sur les feux de forêt, séance du 24 juin 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur ses 876 votes, Serge Mérillou s'est retrouvé 870 fois du côté de la majorité des sénateurs socialistes, soit 99,3 %. Il a voté contre les projets de loi de finances pour 2024, 2025 et 2026 à chaque vote d'ensemble auquel il a pris part, contre les budgets de la Sécurité sociale pour 2025 et 2026, contre la loi sur l'immigration en décembre 2023 et contre le projet de loi de simplification de la vie économique, dont il vice-présidait la commission spéciale. Il a voté pour l'inscription de l'IVG dans la Constitution, pour le statut de l'élu local et pour la réforme du calcul des retraites agricoles.
Les six écarts ont un point commun : ce sont des votes d'élu rural. Le 16 novembre 2023, deux sénateurs socialistes défendent des amendements pour encadrer l'installation des médecins : une autorisation délivrée par l'agence régionale de santé, et un conventionnement réservé aux généralistes qui ont d'abord exercé hors des zones les mieux dotées. Le groupe socialiste vote contre, par 41 voix. Serge Mérillou est l'un des 23 qui votent pour. Les deux amendements sont rejetés, par 262 voix contre 75 puis 265 contre 69. Le sujet divise toujours les deux chambres.
Le 14 novembre 2024, le Sénat examine une proposition de loi qui veut interdire la corrida et les combats de coqs aux moins de seize ans. Les socialistes se partagent : 22 votent la suppression de l'article principal, 20 s'y opposent, 22 ne prennent pas part au vote. Serge Mérillou est parmi les 20, donc pour l'interdiction. L'article est supprimé par 254 voix contre 55. Le 1er avril 2025, enfin, il vote la proposition de loi qui met fin au transfert obligatoire de l'eau et de l'assainissement aux communautés de communes, prévu pour 2026. Quarante socialistes votent contre, dix s'abstiennent. Ils sont quinze à voter pour. La loi a été promulguée le 11 avril 2025.
La présence est moins flatteuse. L'agenda officiel du Sénat lui compte 164 jours de présence depuis octobre 2023, dont 148 journées de séance publique. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 201 jours, et 244 d'entre eux en comptent davantage. Sur les douze derniers mois, il est à 41 jours et 168 heures de séances et de réunions, pour une médiane de 64 jours. La campagne des sénatoriales ne suffit pas à expliquer l'écart : parmi les 166 sénateurs dont le siège était lui aussi renouvelable, la médiane est à 195 jours depuis 2023 et à 63 jours sur un an. Depuis le début de son mandat, en octobre 2020, l'agenda totalise 361 jours et 1 686 heures. Sur les sanctions : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité de Serge Mérillou sur sa fiche NosParlementaires, le portrait de Marie-Claude Varaillas, l'autre sénatrice de la Dordogne, la composition du nouveau Sénat groupe par groupe, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.