Mis à jour le 14 octobre 2026
- Le budget de l'État pour 2027, déposé le 1er octobre, touche les étudiants par trois articles (prépas et BTS payants, APL des étudiants, gel des APL) et par les crédits de la vie étudiante : bourses, Crous, repas à 1 euro.
- La mesure la plus visible, des droits d'inscription de 270 euros en prépa et 178 euros en BTS, a été supprimée en commission par sept groupes. Elle revient pourtant en séance : pour un budget, l'hémicycle repart du texte du gouvernement.
- La plus coûteuse pour certaines familles entre en vigueur à la rentrée 2027 : au-delà de 30 200 euros de revenu par part, il faudra choisir entre l'APL de l'étudiant et la demi-part fiscale des parents.
- Le repas à 1 euro et les bourses ne figurent dans aucun article : ils dépendent des crédits votés en novembre. Le gouvernement annonce 143 millions d'euros pour le repas à 1 euro ; aucune ligne n'indexe les bourses sur l'inflation.
- Prochaines dates : vote sur les recettes le 20 octobre (prépas, logement, CVEC), séance sur les dépenses du 27 octobre au 16 novembre (APL, bourses, repas à 1 euro), vote d'ensemble le 17 novembre.
Pour les étudiants, le budget 2027 se joue en deux temps. Cette semaine, les députés examinent les recettes de l'État, où figurent les droits d'inscription en prépa et en BTS, que la commission des finances a supprimés le 9 octobre mais qui reviennent en séance, ainsi que le plafonnement fiscal des studios meublés loués par des particuliers. En novembre viendront les dépenses : le choix imposé entre l'APL de l'étudiant et la demi-part de ses parents, le gel des aides au logement et l'enveloppe qui finance les bourses et le repas à 1 euro. Cette page fait le point, mesure par mesure, et sera mise à jour à chaque étape.
Mesure par mesure : où en est chaque décision
La grille ci-dessous recense les huit mesures du budget 2027 qui touchent les étudiants et les jeunes en formation. Trois seront tranchées avec les recettes d'ici au 20 octobre, quatre avec les dépenses en novembre ; la dernière, les aides à l'embauche d'apprentis, relève d'un décret.
| Mesure | Où elle se décide | Ce que ça change | Où on en est (14 octobre) | Prochaine étape |
|---|---|---|---|---|
| Prépa et BTS payants | Budget de l'État, art. 54 | 270 euros par an en classe préparatoire, 178 euros en BTS ; boursiers exonérés. | Supprimé en commission par sept groupes, de retour dans le texte de séance ; 11 amendements de suppression redéposés. | Vote en séance d'ici au 19 octobre |
| APL des étudiants ou demi-part des parents | Budget de l'État, art. 78 | Au 1er septembre 2027, si le revenu des parents dépasse 30 200 euros par part, il faudra choisir entre l'APL de l'étudiant et l'avantage fiscal lié à son rattachement. 72 millions d'euros. | Seconde partie : pas encore examiné. | Séance à partir du 27 octobre, vote le 17 novembre |
| APL non revalorisées | Budget de l'État, art. 74 | Le barème des APL (paramètres de loyer) ne serait pas revalorisé en 2027, étudiants compris : 101 millions d'euros d'économies. | Seconde partie : pas encore examiné. Un décret peut rétablir la revalorisation. | Vote le 17 novembre |
| Repas à 1 euro au Crous | Crédits de l'enseignement supérieur (pas d'article) | 143 millions d'euros annoncés pour 2027, dont 93 millions d'enveloppe complémentaire ; aucune loi ne garantit le tarif, qui ne tient qu'aux crédits votés. | Seconde partie : pas encore examiné. | Vote le 17 novembre |
| Bourses et aides aux étudiants | Crédits « Vie étudiante » du budget de l'État (pas d'article) | 3,33 milliards d'euros pour la vie étudiante (bourses, Crous, logement, santé). Aucun article n'indexe les bourses sur l'inflation ; les aides directes baisseraient de 46 millions d'euros, selon un amendement communiste. | Seconde partie. Amendements déposés pour indexer les bourses ou les verser douze mois (communistes, socialistes, écologistes). | Séance à partir du 27 octobre, vote le 17 novembre |
| Contribution de vie étudiante (CVEC) | Pas dans le texte ; amendements | 105 euros à la rentrée 2026, boursiers exonérés. Le RN et l'UDR proposent de la supprimer, les écologistes d'en exonérer les étudiants juste au-dessus du plafond des bourses. | Rejetés en commission des finances (RN, écologistes), redéposés pour la séance. | Séance, vote sur la première partie le 20 octobre |
| Studios meublés loués à des étudiants | Budget de l'État, art. 7 | Les résidences étudiantes sont épargnées, pas les studios meublés loués à des étudiants par des particuliers : amortissement plafonné à 2,5 % et 7 000 euros par an. | Exclusion des logements loués à des étudiants adoptée en commission (Guillaume Kasbarian, EPR), à revoter : redéposée par Gabriel Attal (EPR), la Droite républicaine et Liot. | Séance d'ici le 19 octobre ; vote sur la première partie le 20 octobre. |
| Aides à l'embauche d'apprentis | Décret ; budget de l'État, article 88 pour les contrats | Ces aides aux employeurs (jusqu'à 5 000 euros pour une entreprise de moins de 250 salariés jusqu'au bac, 4 500 euros au niveau bac+2, 2 000 euros au-delà) seraient maintenues en 2027 aux montants de 2026. Elles conditionnent une partie des contrats proposés aux jeunes. | Annoncé avec le budget ; décret attendu pour le 1er janvier 2027, aucun vote des députés sur les montants. | Décret ; article 88 voté avec la seconde partie (vote d'ensemble le 17 novembre). |
« Budget de l'État » : projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210). « Crédits » : montants votés par mission avec la seconde partie, sans article de loi. « Hors loi » : mesure prise par décret, sans vote du Parlement. Votes de commission : non nominatifs. Tableau mis à jour le 14 octobre 2026.
Prépas et BTS payants : supprimés en commission, de retour en séance
L'article 54 met fin à la gratuité des classes préparatoires et des BTS des lycées : 270 euros par an en prépa, 178 euros en BTS, le même montant qu'en licence, indexés ensuite sur les prix. Les boursiers, les pupilles de la Nation et les réfugiés en sont exonérés, soit, selon l'exposé des motifs, « plus d'un étudiant de STS sur deux et un étudiant de CPGE sur quatre ». Les filières comptent 87 000 élèves de prépa et 217 000 de BTS. Le soir même du dépôt, face aux blocages de lycées, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé que le gouvernement renonçait à la mesure ; le texte, lui, n'a pas changé.
La commission des finances a supprimé l'article en adoptant huit amendements identiques de sept groupes, du Rassemblement national aux communistes en passant par Ensemble pour la République (notre article sur le vote en commission). Pour un budget, ce vote ne vaut pas pour la séance : onze amendements de suppression ont été redéposés, dont ceux de Gabriel Attal (EPR) et de Marianne Maximi (La France insoumise). Le vote est attendu d'ici au 19 octobre.
APL : choisir entre l'aide de l'étudiant et la demi-part des parents
Aujourd'hui, un étudiant touche l'aide au logement sans que les revenus de ses parents comptent : l'APL est calculée sur un forfait de ressources. Ses parents peuvent dans le même temps le garder à charge et bénéficier d'une demi-part fiscale, ou lui verser une pension alimentaire déductible de leurs revenus. L'article 78 met fin à ce cumul pour les foyers aisés : à partir du 1er septembre 2027, un étudiant rattaché à un foyer dont le revenu fiscal de référence divisé par le nombre de parts dépasse la limite de la deuxième tranche de l'impôt, soit 30 200 euros avec le barème proposé pour 2027, ne pourra plus toucher l'APL. Pour un couple avec un enfant étudiant rattaché, soit 2,5 parts, le seuil correspond à 75 500 euros de revenu fiscal de référence. La famille devra choisir : renoncer à l'avantage fiscal, plafonné à 1 807 euros par demi-part, ou à l'APL, 2 160 euros par an en moyenne selon le gouvernement.
Le gouvernement en attend 72 millions d'euros en 2027 et justifie la mesure par un chiffre : environ un tiers des étudiants qui touchent l'APL sont rattachés à un foyer appartenant aux 20 % des ménages les plus aisés. L'article sera examiné avec les dépenses, à partir du 27 octobre. Le même budget prévoit, à l'article 74, de ne pas revaloriser en 2027 les paramètres de loyer des APL, pour tous les allocataires, étudiants compris : 101 millions d'euros d'économies, qu'un décret pourrait annuler. La page ce qui change pour les familles détaille l'effet côté parents.
Repas à 1 euro et bourses : ce qui se joue avec les crédits
Le repas à 1 euro. Généralisé à tous les étudiants le 4 mai 2026, il ne repose sur aucun article de loi : la proposition de loi votée par l'Assemblée en janvier 2025 n'a jamais été examinée au Sénat (notre article sur le repas à 1 euro). Il tient à une ligne de crédits. Le ministère de l'Enseignement supérieur annonce 143 millions d'euros pour 2027, dont une enveloppe complémentaire de 93 millions selon le dossier de presse du budget cité par Public Sénat, ainsi que 33 millions pour l'aide à la restauration des étudiants éloignés d'un restaurant universitaire. La France insoumise, par Marie Mesmeur, a déposé un amendement pour donner plus de moyens aux Crous, débordés par la hausse de fréquentation.
Les bourses. Le budget consacre 3,33 milliards d'euros de crédits de paiement au programme « Vie étudiante » (bourses, Crous, logement et santé des étudiants), dans une mission Recherche et enseignement supérieur en hausse de 500 millions d'euros. Aucun article n'indexe les bourses sur l'inflation. Selon l'exposé d'un amendement de la communiste Soumya Bourouaha, les crédits d'aides directes baisseraient même de 46 millions d'euros, alors que le nombre de boursiers est passé d'environ 750 000 à 650 000 en quatre ans. La députée propose d'indexer montants et plafonds, pour 112 millions d'euros, et de verser les bourses sur douze mois ; l'écologiste Hendrik Davi et la socialiste Fatiha Keloua Hachi ont déposé des amendements voisins. Ces crédits seront votés avec la seconde partie.
Les deux mesures que portent ces amendements ont déjà été votées par l'Assemblée : le 11 juin 2026, la proposition de loi de Soumya Bourouaha indexant les bourses et les versant douze mois a été adoptée par 75 voix contre 1. La gauche et le Rassemblement national ont voté pour ; Ensemble pour la République (un contre, six abstentions), Horizons, la Droite républicaine et l'UDR se sont abstenus. Transmis au Sénat, le texte n'y a pas été inscrit (notre article sur la loi bloquée au Sénat). Cherchez le vote de votre député dans le module ci-dessous.
Logement et CVEC : deux débats de la semaine
Les studios meublés. L'article 7 plafonne l'amortissement que les particuliers loueurs en meublé peuvent déduire de leurs loyers : 2,5 % de la valeur du bien et 7 000 euros par an. Les résidences étudiantes sont exclues du plafond, mais pas les studios meublés loués à des étudiants par des particuliers, une grande partie du logement étudiant dans les villes universitaires. En commission, Guillaume Kasbarian (EPR) a fait adopter leur exclusion, au motif que le texte risque de provoquer des ventes et des retraits du marché locatif. La commission ayant rejeté l'ensemble de la première partie, l'amendement a été redéposé en séance par Gabriel Attal, par plusieurs élus de la Droite républicaine et de Liot.
La CVEC. La contribution de vie étudiante et de campus, payée chaque année à l'inscription, s'élève à 105 euros à la rentrée 2026 ; les boursiers en sont exonérés. Elle ne figure pas dans le budget, mais des amendements la visent : Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national) et Alexandre Allegret-Pilot (UDR) proposent de la supprimer, l'écologiste Léa Balage El Mariky d'en exonérer les étudiants dont les revenus dépassent de peu le plafond des bourses. Rejetés en commission des finances, ils seront rediscutés en séance d'ici au 20 octobre.
Apprentis et jeunes en formation
Les aides versées aux employeurs qui embauchent un apprenti ne passent pas par un vote : le gouvernement annonce leur maintien en 2027 aux montants de 2026, jusqu'à 5 000 euros pour une entreprise de moins de 250 salariés recrutant jusqu'au niveau du bac, 4 500 euros au niveau bac+2 et 2 000 euros au-delà, par un décret à paraître. Contrairement à l'an dernier, le budget du Travail ne réduit pas ces aides, relève Localtis. L'article 88 crée un fonds de soutien aux centres de formation d'apprentis et une plateforme unique pour déposer les contrats. Les apprentis ont déjà perdu en 2026 l'aide de 500 euros au permis de conduire, supprimée par le budget malgré neuf votes contraires en commission (notre article sur l'aide au permis), et l'apprentissage reste un sujet de questions écrites plus que de votes (196 questions, aucun vote). Pour les jeunes actifs qui se forment avec leur compte personnel de formation, l'article 89 majore le reste à charge des formations jugées non prioritaires, 350 euros annoncés, avec effet au 1er octobre 2026 (notre article sur le CPF).
Les prochaines dates
Pour savoir comment votre député a voté sur les bourses, cherchez son nom dans le module de vote plus haut, ou consultez sa fiche depuis la recherche. La loi sur les bourses et celle sur le repas à 1 euro ont chacune leur page : réforme des bourses, repas à 1 euro pour tous. Le détail des dates est dans nos calendriers du budget de l'État et du budget de la Sécu.
- Budget 2027 : ce qui change pour les familles
- Budget 2027 : ce qui change pour les retraités
- Budget 2027 : ce qui change pour les fonctionnaires
- Budget 2027 : ce qui change pour les malades
- Budget 2027 : ce qui change pour les épargnants
- Budget 2027 : ce qui change pour les PME
- Budget 2027, mesure par mesure : ce que les députés ont déjà voté
- Le calendrier du budget de l'État à l'Assemblée
- Le calendrier du budget de la Sécu, date par date