Mis à jour le 13 octobre 2026

Budget 2027 et malades : l'essentiel en 5 points
  • Les malades sont concernés par deux textes déposés le 1er octobre : le budget de l'État, qui fixe l'impôt et la CSG sur les indemnités d'arrêt maladie, et le budget de la Sécurité sociale, qui fixe les dépenses de l'Assurance maladie.
  • La mesure la plus discutée : l'imposition à 50 % des indemnités journalières des malades en affection de longue durée (cancer, diabète, sclérose en plaques…), que les députés avaient déjà refusée l'an dernier. Le même article relève de 3 points la CSG sur toutes les indemnités d'arrêt maladie.
  • Une grande partie de ce qui change pour les patients ne passe pas par un vote : plafonds des franchises portés à 70 euros depuis le 1er octobre, soins dentaires et médicaments peu efficaces moins remboursés au 1er janvier 2027, transfert de 200 millions d'euros de cures thermales vers les mutuelles. Tout cela relève du décret.
  • Ce que les députés votent : l'objectif de dépenses de l'Assurance maladie (+2,0 %, avec 5,1 milliards d'euros d'économies), la taxe de 2,05 % sur les complémentaires santé et les règles de remboursement des médicaments.
  • Prochaines dates : séance sur l'impôt des malades les 14 et 15 octobre, vote sur les recettes de l'État le 20 octobre, vote sur le budget de la Sécu le 27 octobre.

Pour les malades, le budget 2027 se joue sur deux terrains. Le premier est voté : le budget de l'État veut imposer pour moitié les indemnités journalières des malades en affection de longue durée et aligner la CSG des arrêts maladie sur celle des salaires ; la commission des finances a supprimé les deux mesures le 7 octobre, mais elles reviennent en séance cette semaine. Le second échappe aux députés : franchises, remboursement des soins dentaires, des médicaments et des cures thermales sont fixés par décret ou par l'Assurance maladie, et plusieurs de ces décisions sont déjà prises. Cette page fait le point, mesure par mesure, et sera mise à jour à chaque étape.

50 %
Part des indemnités des malades en affection de longue durée que le budget de l'État rendrait imposable
140 €
Reste à charge annuel maximal en franchises et participations forfaitaires depuis le 1er octobre, contre 100 €
5,1 Md€
Économies prévues sur les dépenses de l'Assurance maladie en 2027

Mesure par mesure : ce qui est voté, ce qui ne l'est pas

La grille ci-dessous recense les mesures du budget 2027 qui touchent les patients, qu'elles figurent dans les deux projets de loi ou qu'elles soient prises par décret. Sur les dix lignes, cinq ne passeront par aucun vote des députés.

Budget 2027 : les mesures qui touchent les malades, une par une
MesureOù elle se décideCe que ça changeOù on en est (13 octobre)Prochaine étape
Arrêts maladie de longue durée imposés à 50 %Budget de l'État, article 2Malades en ALD (cancer, diabète, sclérose en plaques…) en arrêt de travail : la moitié de leurs indemnités journalières deviendrait imposable. Avec la fin de l'exonération partielle des indemnités d'accident du travail, 963 millions d'euros attendus.Supprimée en commission des finances le 7 octobre (amendement socialiste) ; la séance repart du texte du gouvernement.Article attendu en séance les 14 et 15 octobre ; vote sur les recettes le 20 octobre.
CSG relevée sur les indemnités d'arrêt maladieBudget de l'État, article 2Tous les assurés en arrêt maladie ou après un accident du travail : leurs indemnités journalières paieraient la CSG au taux des salaires, soit 3 points de plus. 400 millions d'euros attendus.Supprimée en commission des finances le 7 octobre, par le même amendement socialiste que l'imposition des malades en ALD.Séance les 14 et 15 octobre ; vote sur les recettes le 20 octobre.
Franchises médicales : plafonds portés à 70 €Hors loi : décret du 11 septembre 2026Patients non exonérés : plafond annuel des franchises (médicaments, actes paramédicaux, transports) et celui des participations forfaitaires (consultations) passent de 50 à 70 euros chacun depuis le 1er octobre 2026. Montants unitaires inchangés.Aucun vote du Parlement : la mesure est prise par décret.Indexation sur l'inflation à partir de 2028, prévue par le même décret.
Soins dentaires moins remboursésHors loi : décret du 21 août 2026Le gouvernement vise une prise en charge de 50 % au lieu de 60 % au 1er janvier 2027 ; l'écart passe aux complémentaires santé. Hors champ : ALD, panier « 100 % santé », complémentaire santé solidaire.Le décret fixe une fourchette ; le taux exact doit être arrêté par l'Assurance maladie. Les Chirurgiens-dentistes de France ont annoncé un recours au Conseil d'État.Taux à fixer avant le 1er janvier 2027.
Cures thermales : 200 M€ basculés vers les mutuellesHors du texte : annonce de la ministre de la SantéCuristes (65 % remboursés aujourd'hui, 100 % en ALD) : la ministre a annoncé le 8 octobre le transfert de 200 millions d'euros de dépenses vers les complémentaires, sans préciser ni taux ni date.Trois députés Ensemble pour la République proposent en commission d'aller plus loin : la fin du remboursement.Amendements examinés en commission jusqu'au 16 octobre.
Médicaments peu efficaces moins remboursésHors loi : décrets parus le 22 août 2026Cibles du gouvernement : 5 % au lieu de 15 % pour un service médical rendu faible, 15 % au lieu de 30 % pour un service modéré.Taux définitifs à fixer par l'Assurance maladie dans les nouvelles fourchettes.Avant le 1er janvier 2027.
Médicaments : remboursement réexaminé, vente sans ordonnanceBudget de la Sécu, article 30La Haute Autorité de santé pourrait réévaluer chaque année des médicaments remboursés, y compris au regard de leur coût ; l'agence du médicament pourrait faire passer des médicaments sur ordonnance en vente sans prescription.26 amendements déposés, dont une demande de suppression (La France insoumise).Séance du 20 au 26 octobre, vote le 27 octobre.
Taxe de 2,05 % sur les complémentaires santé reconduiteBudget de la Sécu, article 12Tous les assurés d'une mutuelle ou d'une assurance santé : la taxe peut être répercutée sur les cotisations. 1,1 milliard d'euros attendus.Sept groupes demandent la suppression.Séance du 20 au 26 octobre, vote le 27 octobre.
Dépenses d'assurance maladie : +2,0 %Budget de la Sécu, article 43278,7 milliards d'euros en 2027, pour une hausse spontanée estimée à 3,4 % : 5,1 milliards d'économies, dont 2,1 sur les médicaments et produits de santé, 1 sur les arrêts maladie, 0,7 en baisses de remboursement et transferts vers les complémentaires.47 amendements, dont trois de suppression (socialistes, La France insoumise, écologistes).Séance du 20 au 26 octobre, vote le 27 octobre.
Arrêts longs hors ALD : transports et durée réduitsHors loi : mesures réglementaires de 2026Malades en arrêt de longue durée sans ALD exonérante : l'arrêt ne justifie plus la prise en charge des transports sanitaires, et la durée de prescription est ramenée à douze mois. 200 millions d'euros attendus en 2027.Mesures déjà prises par le gouvernement, chiffrées dans l'annexe du budget de la Sécu.—

« Budget de l'État » : projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210). « Budget de la Sécu » : projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (n° 3211). « Hors loi » : mesure prise par décret ou par l'Assurance maladie, sans vote du Parlement. Votes de commission : non nominatifs. Tableau mis à jour le 13 octobre 2026.

Arrêts maladie : l'impôt des malades et la CSG reviennent en séance

Aujourd'hui, les indemnités journalières versées pendant un arrêt de travail lié à une affection de longue durée échappent totalement à l'impôt sur le revenu. L'article 2 du budget de l'État les rendrait imposables « à hauteur de 50 % de leur montant », une formule que le gouvernement présente comme un geste : elle « ménage leurs bénéficiaires, qui sont confrontés à des frais médicaux parfois très importants », dit l'exposé des motifs. Le même article supprime l'exonération partielle des indemnités d'accident du travail, et met fin au taux réduit de CSG sur les indemnités d'arrêt maladie et d'accident du travail : elles seraient taxées comme des salaires, soit 3 points de plus, pour 400 millions d'euros. Les deux volets sur l'impôt rapporteraient 963 millions d'euros à la Sécurité sociale.

Le 7 octobre, la commission des finances a supprimé les deux mesures en adoptant un amendement de la socialiste Estelle Mercier, qui garde l'indexation du barème de l'impôt prévue par le même article. Pour un budget, ce vote ne change pas le texte discuté en séance : les suppressions ont été redéposées par les socialistes, La France insoumise, le Rassemblement national, les écologistes, les communistes et la Droite républicaine, et même par un député d'Ensemble pour la République. L'article 2 est attendu dans l'hémicycle les 14 et 15 octobre.

L'Assemblée a déjà tranché une version plus dure. Le 3 novembre 2025, sur le budget 2026, elle a supprimé l'imposition à 100 % des indemnités des malades en ALD par 135 voix contre 55, sur un amendement d'Aurélien Le Coq (La France insoumise). Le Rassemblement national a apporté 74 voix, La France insoumise 32, l'UDR 8, dix socialistes et six élus de la Droite républicaine ; Ensemble pour la République (26), les Démocrates (11) et Horizons (11) ont voté contre, 23 socialistes et 15 écologistes se sont abstenus. Le Sénat avait ensuite proposé 50 %, le taux que reprend le budget 2027 ; le texte finalement adopté par 49.3 a maintenu l'exonération intégrale. Le détail est dans notre article sur l'imposition des malades en ALD. Cherchez le vote de votre député dans le module ci-dessous.

Franchises, dentaire, médicaments : ce qui change sans vote

Les franchises. Depuis le 1er octobre 2026, le plafond annuel des franchises médicales (1 euro par boîte de médicament ou par acte paramédical, 4 euros par transport) et celui des participations forfaitaires (2 euros par consultation) sont passés de 50 à 70 euros chacun, soit 140 euros par an au plus pour un patient non exonéré. C'est un décret du 11 septembre 2026, qui prévoit aussi leur indexation sur l'inflation à partir de 2028. Le gouvernement avait d'abord annoncé un doublement, avant de reculer en août (notre article sur le recul du gouvernement). En commission des affaires sociales, socialistes, insoumis et RN ont fait supprimer l'article 2 du budget de la Sécu, qui rectifie les dépenses de 2026 en tenant compte de cette hausse : un vote sans effet sur le décret, déjà appliqué.

Le dentaire. Il n'y a pas de « nouvelle loi » sur le remboursement dentaire en 2027 : la baisse passe par un décret paru au Journal officiel le 22 août 2026, qui relève la part laissée au patient sur les soins des chirurgiens-dentistes. Le gouvernement vise une prise en charge de 50 % au lieu de 60 % pour les soins courants (caries, détartrages, dévitalisations) au 1er janvier 2027 ; le taux exact doit être fixé par l'Assurance maladie dans la nouvelle fourchette. Les malades en ALD, le panier « 100 % santé » et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire restent hors du champ. Les Chirurgiens-dentistes de France ont annoncé un recours devant le Conseil d'État. En 2025, les députés avaient supprimé par 197 voix contre 23 une participation forfaitaire sur les consultations dentaires prévue par le budget de la Sécu 2026 ; sur le taux de remboursement, ils n'ont pas la main (notre article sur la baisse du remboursement dentaire).

Les médicaments. Des décrets parus le même jour ouvrent la voie à une baisse du remboursement des médicaments jugés peu efficaces : le gouvernement vise 5 % au lieu de 15 % pour ceux dont le service médical rendu est faible, 15 % au lieu de 30 % pour un service modéré. Dans le budget de la Sécu, l'article 30 prévoit en outre que la Haute Autorité de santé puisse réévaluer chaque année des médicaments remboursés, y compris au regard de leur intérêt « médico-économique », et que l'agence du médicament puisse faire passer des médicaments sur ordonnance en vente sans prescription. Cet article-là sera voté.

Les arrêts longs. L'annexe du budget de la Sécu chiffre aussi deux mesures déjà prises en 2026 : un arrêt de travail de longue durée sans affection de longue durée exonérante ne justifie plus la prise en charge des transports sanitaires, et sa durée de prescription est ramenée à douze mois, pour 200 millions d'euros en 2027. Sur les arrêts de travail, voir aussi le plafonnement des arrêts maladie à un mois, en vigueur depuis le 1er septembre.

Cures thermales : une annonce hors du texte, des amendements pour aller plus loin

Le budget de la Sécu ne contient aucune ligne sur les cures thermales. Le 8 octobre, devant le conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a pourtant annoncé que 200 millions d'euros de dépenses de cures seraient transférés aux complémentaires santé en 2027, sur 700 millions d'euros de transferts au total, sans préciser le taux de remboursement ni la date, selon egora et Public Sénat. Les cures sont aujourd'hui remboursées à 65 %, et à 100 % pour les malades en ALD.

En commission, trois députés d'Ensemble pour la République proposent d'aller plus loin. Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat veulent mettre fin au remboursement au 1er janvier 2027, sauf pour les malades de longue durée et les pathologies graves ; Guillaume Kasbarian propose une extinction progressive, à 80 % du remboursement actuel en 2027 puis plus rien en 2031. Le seul vote nominatif de la législature sur le sujet n'est pas encourageant pour eux : le 8 novembre 2025, l'amendement de Nicole Dubré-Chirat a été rejeté par 167 voix contre 24 (notre article sur les cures thermales).

Ce que les députés proposent d'autre

Plusieurs amendements déposés en commission alourdiraient le reste à charge s'ils étaient adoptés puis revotés en séance. Guillaume Kasbarian propose de porter la participation forfaitaire à 5 euros par consultation, avec un plafond de 100 euros par an, de relever les franchises à 3 euros par boîte de médicament, 5 euros par acte et 8 euros par transport, et de créer une participation de 25 euros pour tout passage aux urgences non suivi d'une hospitalisation. D'autres visent le recouvrement : Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) propose de prélever directement sur le compte bancaire les franchises impayées, Théo Bernhardt (Rassemblement national) de les retenir sur les pensions et les prestations. À l'inverse, neuf amendements de sept groupes demandent la suppression de la taxe de 2,05 % sur les complémentaires santé, que les mutuelles peuvent répercuter sur leurs cotisations. Sur un autre terrain, le Nutri-Score obligatoire revient lui aussi par amendement (notre article sur le Nutri-Score).

Comment ça marche : pour un texte ordinaire, la séance publique débat du texte adopté par la commission. Pour un budget de l'État ou de la Sécurité sociale, elle repart du texte déposé par le gouvernement (article 42 de la Constitution) : un article supprimé en commission, comme l'imposition des malades le 7 octobre, revient en séance et doit être supprimé une seconde fois. Les taux de remboursement et les franchises, eux, relèvent du pouvoir réglementaire : le Parlement vote seulement l'enveloppe des dépenses de l'Assurance maladie. Suivre le budget de l'État → Suivre le budget de la Sécu →

Les prochaines dates

Mardi 13 octobre 2026
Ouverture de l'examen du budget de l'État en séance publique, sur le texte du gouvernement.
14 et 15 octobre 2026
Article 2 attendu en séance : imposition des malades en ALD et CSG sur les indemnités d'arrêt maladie.
Jusqu'au 16 octobre 2026
Fin de l'examen du budget de la Sécu en commission des affaires sociales, amendements sur les cures et les franchises compris.
Mardi 20 octobre 2026
Vote solennel sur la première partie du budget de l'État, puis ouverture du budget de la Sécu en séance.
Mardi 27 octobre 2026
Vote solennel sur le budget de la Sécu, dernier jour des 20 jours laissés à l'Assemblée.
Jeudi 26 novembre 2026
Fin des 50 jours laissés au Parlement pour le budget de la Sécu ; au-delà, le gouvernement peut l'appliquer par ordonnance.
1er janvier 2027
Entrée en vigueur prévue des nouveaux taux de remboursement des soins dentaires et des médicaments, fixés sans vote.

Pour savoir comment votre député a voté sur l'imposition des malades, cherchez son nom dans le module de vote plus haut, ou consultez sa fiche depuis la recherche. Le détail des dates est dans nos calendriers du budget de l'État et du budget de la Sécu, et les économies de santé prises par décret dans notre article sur les économies qui échappent au vote.